israel-juifA partir du moment ou on valide cette fiction d’Israël comme étant un “Etat juif” (comme le dit la totalité de la presse) alors il n’y a pas de raison de s’offusquer des propos de Neeman. Dans un Etat caractérisé par un fait religieux (le judaisme) il est normal que la loi religieuse soit plus importante que la loi républicaine. Aprês tout, c’est ce qui se passe déjà  dans les Emirats Arabes..

Mais dans ce cas là  faut juste arrêter de nous bassiner avec la propagande du “Israël, état démocratique”….

[Adrien Jaulmes - Le Figaro - 10/12/2009]

Les Israéliens laïques voient avec inquiétude croà®tre le poids des religieux.

Le ministre israélien de la Justice a déclenché un tollé en déclarant que la Torah devait progressivement remplacer la loi israélienne. «Petit à  petit, nous imposerons aux citoyens d’Israël les lois de la Torah, et nous ferons de la Halakhah (la jurisprudence rabbinique) la loi régissant la nation , a déclaré lundi soir Yaacov Neeman lors d’une intervention publique devant une assemblée rabbinique à  Jérusalem. «Nous devons imposer l’héritage des pêres de la nation. La Torah donne la réponse complête à  toutes les questions qui nous interpellent» , a-t-il ajouté. Le ministre a été vivement applaudi, notamment par le grand rabbin ashkénaze d’Israël, Yona Metzger, et le rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel du parti orthodoxe séfarade Shass.

Exclusivité juridique

Retransmis mercredi par la radio israélienne, ces propos ont três vite soulevé une vague de réactions indignées. Tzipi Livni, chef du parti d’opposition Kadima, juge que de tels commentaires devraient «susciter l’inquiétude de tout citoyen soucieux d’Israël et de ses valeurs démocratiques». Yossi Beilin, figure de la gauche et ancien ministre de la Justice, estime que Yaacov Neeman devrait être «immédiatement démis de ses fonctions». «Cette remarque reflête l’inquiétant processus de talibanisation en cours dans la société israélienne» , met en garde Haim Oron, le chef du parti d’extrême gauche Meretz. Le bureau du ministre de la Justice a tenté de faire machine arriêre en publiant un communiqué embarrassé : «Le ministre tient à  souligner que cette remarque n’était pas un appel à  remplacer les lois de l’à‰tat d’Israël par la loi religieuse. Il n’a fait qu’évoquer en termes généraux l’importance de la loi juive dans la vie du pays.»

La question de la loi religieuse est sensible en Israël. Le judaïsme reste le principal ciment d’une société d’immigrants issus de différents pays, mais les Israéliens laïques voient avec inquiétude croà®tre le poids des religieux et l’influence politique de leurs partis.

La Constitution n’a jamais été adoptée depuis la création de l’à‰tat, pour ne pas placer un texte législatif au-dessus de la Torah. L’à‰tat fait respecter la fermeture du sabbat et laisse des pans entiers du systême légal aux autorités religieuses. Les tribunaux rabbiniques bénéficient de l’exclusivité juridique en ce qui concerne le statut des individus. Mariages comme divorces sont soumis aux autorités religieuses, et il n’existe pratiquement pas de cimetiêres laïques. Un systême d’éducation religieuse reconnu par l’à‰tat et bénéficiant d’aides publiques coexiste avec le systême national. Les ultraorthodoxes sont exemptés de service militaire.

Autrefois três minoritaires, les partis religieux sont devenus des acteurs clefs du jeu politique, faisant et défaisant les majorités dans un systême ou la proportionnelle donne un poids considérable aux petites formations. La coalition du gouvernement actuel repose en large partie sur les partis religieux, notamment le Shass, séfarade, et les partis ultraorthodoxes de la Liste de la Torah unifiée. Ces partis sont favorables à  une extension de l’influence religieuse. Nétanyahou s’est abstenu de commenter les propos de son ministre de la Justice.

Source : Libertés Internet

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