jpg yvan colonna 62c1b 142x150 Colonna, Sarkozy et larticle 67« La police française vient d’arrêter Yvan Colonna, l’assassin du préfet Claude Erignac. », Sarkozy, le 4 juillet 2003. Une phrase qui claque comme une condamnation et pour laquelle le berger poursuit un citoyen pas comme les autres.

Ca ne ferait pas un beau roman, ni une belle histoire. Peut-être juste une romance d’aujourd’hui. Les rebondissements du procês en appel d’Yvan Colonna, consécutifs aux déclarations de Didier Vinolas, rappellent à  tous, et surtout aux avocats du berger, le caractêre éminemment politique de la scêne qui se joue.

Une autre procédure, bien loin de la três médiatique cour d’assises spéciale, mais tout autant chargée de symboles, doit trouver son issue à  partir 4 mars devant le TGI de Paris. Le 4 avril 2007, Yvan Colonna, tout détenu à  la prison de Fresnes qu’il est, a porté plainte contre Sarkozy, ministre de l’Intérieur de son état, pour atteinte à  la présomption d’innocence en violation de l’article 9-1 du Code civil, et atteinte au principe de séparation des pouvoirs et droit à  un procês équitable.

Un qualificatif qui se pose avec force au vu des derniêres étrangetés qui ont entouré la déposition choc de Didier Vinolas lors du procês d’assises d’Yvan Colonna. Au point même que certains s’exclament : « C’est un procês à  berger ! »

Sarkozy invente la présomption de culpabilité

Le 4 juillet 2003, jour de l’arrestation de Colonna, Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, s’était laisser aller à  pérorer face caméra : « la police française vient d’arrêter Yvan Colonna, l’assassin du préfet Claude Erignac. »

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Et de récidiver le 14 janvier 2004, lors de son discours au Bourget : « La République réelle à  laquelle je crois, c’est celle qui met en prison l’assassin présumé de Claude Erignac. Et j’étais três sensible, Jean-Pierre Raffarin à  ce que tu as dit, tu étais le Premier ministre Français quand la police française l’a arrêté et bien moi, je veux dédier une partie de ce discours à  Madame Erignac et je veux penser à  son mari qui est un grand serviteur qui fait honneur à  la République, aux fonctionnaires et à  l’Etat. Il n’est pas mort pour rien. La République réelle, et que le message soit bien entendu au-delà  de cette salle, c’est celle qui traite les cagoulés et les poseurs nocturnes de bombes pour ce qu’ils sont : des meurtriers et des là¢ches. La Corse mérite mieux que des meurtriers et des là¢ches. »

Ou l’on sent que le mot « présumé » est employé avec conviction.

Le 22 janvier 2007, Sarkozy enfonce le clou. A la question posée par un journaliste de France 3 Corse : « Vous pensez qu’il est l’assassin comme vous l’avez annoncé le jour de son arrestation ? », le ministre de répondre : « Si vous le savez, il n’y a pas que moi qui le pense, sinon je ne pense pas qu’on l’aurait gardé en prison. » Le berger, dans l’attente de son jugement, est alors en détention provisoire, donc présumé innocent.

La défense de Sarkozy, devenu entre temps président de la République, a formulé une demande de sursis à  statuer arguant de sa qualité nouvelle de président de la République, protégé de toutes poursuites par l’article 67 de la constitution.

Mais pour les défenseurs d’Yvan Colonna, « les actes commis par Sarkozy l’ont été bien antérieurement à  son élection au rang de président de la République. Il s’agit donc d’actes pleinement détachables de sa fonction présidentielle ». Il s’agit ni plus ni moins d’« une inégalité manifeste entre les droits de Monsieur Sarkozy et de Monsieur Yvan Colonna, le second étant dans l’impossibilité totale de faire valoir ses droits et se défendre face au premier. »

Un président présumé procédurier

Une inégalité qui prend toute sa saveur au regard de la tendance un brin procéduriêre de l’omniprésident. La société Ryan Air, le site internet du Nouvel Observateur ou encore les éditeurs de la poupée Vaudou l’on appris à  leur dépends. Avec parfois des absurdités juridiques. Ainsi, alors que Sarkozy venait d’être débouté dans l’affaire de la poupée vaudou, le jugement précisait qu’il était condamné aux dépens (Les sommes qu’il a été nécessaire d’exposer pour obtenir une décision de justice), violant ainsi le fameux article 67 de la constitution…dont, semble-t-il, Sarkozy a une acception três large.

Si depuis sa prise de fonction, le président s’en est tenu à  son devoir de réserve, le chà¢teau suit le procês d’assise de Colonna de três três prêt. Pas le genre de dossier qu’on délêgue. Trop à  y gagner mais surtout beaucoup à  perdre. De son côté, Yvan Colonna délesterait bien Sarkozy de 50.000 euros dans cette affaire au titre des dommages et intérêts. « C’est la guerre des tranchées », là¢che l’un des avocats du berger. Réponse le 4 mars.

Simon Piel

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