philippe-de-villiersL’UMP a fait de la reconquête régionale de 2010, un enjeu politique essentiel. Conscient que son socle électoral se réduit malgré la victoire aux élections européennes, Sarkozy de Nagy-Bosca est prêt aux alliances les plus controversées

Un scrutin majeur :

En 2004, l’UMP avait été l’une des grandes perdantes des élections régionales en ne conservant que deux conseils régionaux, ceux de Corse et d’Alsace. En 2010, les régionales revêtiront qui plus est une importance majeure en vue de l’échéance présidentielle de 2012. La légitimité et la crédibilité gouvernementale seront mises à  l’épreuve (on annonce six à  sept ministres candidats).

Les élections européennes ont certes vu la victoire de l’UMP avec 29 siêges obtenus mais le parti a vu son socle électoral se resserrer. Rappelons que les élections régionales sont une élection à  deux tours, et que la donne risque d’être grandement bouleversée. Le Monde, dans son étude par circonscription publiée le 18 juin, montrait même que les partis de sensibilité de gauche (extrême gauche compris) arriveraient toujours en tête sur sept des huit grandes circonscriptions régionales (la région Est restant un bastion solide de droite).

Sarkozy, qui souhaite reconquérir dix régions, se confronte donc à  la nécessité de nouvelles alliances pour rassembler davantage dês le premier tour.

La main tendue à  Philippe de Villiers :

Jacques Chirac a toujours refusé, en dépit de la pression de certains de ses conseillers (Pasqua, Million..), de nouer des alliances contre-nature avec des partis d’extrême droite. Sarkozy de Nagy-Bosca ne s’embarrasse pas de tels scrupules et a proposé à  Philippe de Villiers de siéger au sein du Comité de liaison de la majorité présidentielle. Philippe de Villiers explique son choix dans Libération : « Cette proposition m’a été faite par Sarkozy lors de notre derniêre rencontre. Il m’a proposé de participer à  cette structure. Je pense que ma réponse sera positive ».

Mais à  vrai dire le député vendéen n’a plus vraiment le choix : aprês une défaite aux Européennes, qui « restera dans les annales des plus grands crashs de l’histoire politique » pour reprendre Eurojunkie, et des finances en bernes, cette alliance inespérée avec l’UMP devenait sa planche de salut. Il intêgre donc cette commission présidée par le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, qui a pour but de « préparer les prochaines échéances politiques ». Le Mouvement pour la France rejoindra ainsi les autres prises de guerre de l’UMP : la gauche moderne de Jean-Marie Bockel, les progressistes d’Eric Besson et le nouveau centre d’Hervé Morin. Drôle de mélange…

Le nationalisme assimilé :

Philippe de Villiers le reconnait lui-même, « L’UMP a siphonné une partie de l’électorat FN et du MPF… il vaut mieux être à  l’intérieur, plutôt que de se cantonner à  un statut d’opposant de luxe». Et il est vrai que bon nombre d’observateurs politiques saluent la disparition du parti frontiste. Pourtant Sarkozy de Nagy-Bosca n’a pas détruit le Front National : il l’a, comme le MPF, tout simplement assimilé.

Aujourd’hui, au regard du scandale de l’affaire Opinion Way, on se rend compte de l’importance qu’a pu avoir Patrick Buisson, ancien responsable de Minute dans la stratégie présidentielle de 2007. Sarkozy dit d’ailleurs de lui : « je lui dois d’être élu…». Ce conseiller politique au passé d’extrême droite assumée a permis de légitimer et de faire digérer au sein de la droite les idées développées depuis des années par le FN : le premier tour de la campagne présidentielle de 2007 en a hérité la stigmatisation outranciêre, celle de l’opposition de deux France.

Aujourd’hui plus que jamais, Sarkozy de Nagy-Bosca se rapproche du modêle berlusconien, celui du pragmatisme politique. Le maire d’Orange Jacques Bompard, ancien fondateur du FN et aujourd’hui au MPF, a même confié à  Libération qu’il espérait que l’arrivée du Vicomte permettrait à  l’UMP de se « droitiser » un peu plus. L’extrême droite n’est pas morte, au contraire, elle est plus vivante que jamais…

Source : Reversus

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