Un veritable révolutionnaire est guidé par l'amour… l'amour des Hommes, de la justice et de la vérité… Ernesto Guevara
C’est l’été. Alors que les députés sont en vacances et que les Français se désintéressent de la politique, les mouvements anti-Hadopi, eux, font leur possible pour poursuivre le travail de contestation de la loi sur le téléchargement illégal. Allant jusqu’à menacer les députés qui voteraient pour de sortir leurs condamnations et « casseroles ».
Interrompu par les vacances parlementaires, l’examen du projet Hadopi II par les députés reprendra en session extraordinaire dês le 14 septembre. Pour l’heure, les mouvements d’opposition poursuivent leurs actions.
Informer les citoyens…
Informer les citoyens, c’est ce que fait toujours l’association La Quadrature du Net, via son site Internet. Fondée en mars 2008 à l’occasion de la présentation du projet de loi inspiré du rapport Olivennes, qui visait à introduire la riposte graduée, elle s’oppose aux fondements mêmes d’Hadopi.
L’association met à disposition plusieurs études qui soulignent l’absence de lien entre piratage et ventes de disques, ce qu’affirmaient déjà de nombreux députés de l’opposition lors des premiers débats. « Voler c’est soustraire ; partager n’est pas voler », peut-on lire sur le site. Jérémie Zimmermann, porte-parole de la Quadrature, s’explique :
« Comme la copie privée, on ne peut pas empêcher le partage d’Å“uvres. Pour nous, il est inévitable de le légaliser, tout autant qu’il est nécessaire d’instaurer de nouveaux financements pour la création. »
… et les députés
Interrogé par Rue89, le député UMP Lionel Tardy, informaticien de formation, partage ce point de vue :
« L’industrie de la musique a vécu jusqu’à maintenant sur une poule aux Å“ufs d’or. Maintenant, il faut tout revoir. Les artistes doivent être conscients que c’est le contact avec le public qui leur fera gagner de l’argent, plus que de rester à la maison.
Avec Hadopi, on a pris le sujet du mauvais côté. Même si ça passe, il faudra que ceux qui l’ont demandé reviennent dans 18 mois, parce que ça n’aura rien changé. C’est três facilement contournable. »
Pour lui, trop nombreux sont les députés qui n’ont pas pris la peine d’étudier ce texte, et qui s’apprêtent à voter des dispositions contestables sur le plan constitutionnel.
C’est pour cette raison que la Quadrature du Net demande aux internautes d‘informer leurs députés, en espérant obtenir ainsi un maximum d’abstentions au moment du vote.
Des actions qui restent confinées aux internautes
Mais au cÅ“ur du mois d’aoà»t, joindre son député pour aborder ce type de questions tient du fantasme.
Et selon un article de Versac (alias Nicolas Vanbremeersch) sur Slate, la colêre des internautes ne se perçoit que de façon três réduite en dehors du Web. Dans un rapport de mars 2009, Linkfluence, un outil d’analyse du Web social, affirme que la mobilisation à l’encontre du projet Hadopi reste localisée sur des territoires du Web três spécifiques.
Ainsi, le « black-out du Net », mouvement initié par la Quadrature en début d’année et qui consistait à « peindre » son site en noir tout en expliquant les raisons de cette action aux visiteurs et à son député, a fait l’objet de nombreux commentaires dubitatifs quand à l’effet produit.
« Mais c’est justement grà¢ce à ces articles de presse, précise Jérémie Zimmermann, que nous avons dépassé les 2 millions de pages en black-out en un mois. »
Des actions plus « spectaculaires »
Alors, pour attirer l’attention, les mouvements concernés entreprennent des actions d’un nouveau genre. Et dans ce domaine, la ligue ODEBI se distingue. Elle entretient une « armée numérique » dans laquelle les internautes montent en grade à mesure des actions accomplies.
Le 27 juillet, l’« armée » a posté en masse sur des forums d’artistes qu’elle classe comme étant pro-Hadopi (Bénabar, Bruel, M.Pokora, Le Forestier), entraà®nant des perturbations… jusqu’à la fermeture de deux des forums de fans. Une action similaire est prévue ce 13 aoà»t : il s’agira d’« attaquer » des « cibles sensibles », cette fois d’un ordre plus politique.
Par ailleurs, la ligue menace de dévoiler les « casseroles » des députés qui se prononceront en faveur du projet de loi. Leurs agissements les moins glorieux seront rendus publics par bombardement Google.
« Les allusions à la nature “immorale†du partage des Å“uvres protégées par les droits d’auteur sur les réseaux P2P sont assez difficiles à entendre, quand on connait le pédigrée judiciaire d’une partie des représentants de notre classe politique. (…)
La Ligue ODEBI publiera donc avant les débats parlementaires de la rentrée une liste des condamnations pénales ou civiles de tous les députés qui ont voté pour l’Hadopi dans sa premiêre version. Nous y ajouterons “les casserolesâ€, qui selon des critêres communément admis, ont aussi un caractêre potentiellement “immoral†, afin que les députés qui votent en faveur de cette loi sachent qu’ils verront ressurgir irrémédiablement sur Google leurs fautes actuelles ou passées. »
Interrogé à ce sujet, le député Lionel Tardy répond :
« Quels que soient les moyens de pression, les députés doivent voter en suivant leurs convictions. »
Mais aussi, dans l’idéal, en connaissance de cause.
Source : Rue89
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De l’ancien français travail « tourment, souffrance » (XIIe siècle), du bas latin (VIe siècle) tripálĭus du latin tripálĭum, « instrument de torture à trois poutres ».
Alors que penser de la "valeur travail" si chère à ce grand travailleur (8 semaines de vacances par an) qu'est Nicolas Sarkozy de Nagy-Bosca ? La torture est-elle une valeur respectable ? Apparemment, selon la droite décomplexée (l'extrême droite, en fait, l'UMP ayant depuis longtemps "choisi" son camp), il semblerait que oui.
J'sais pas vous, mais moi, ça me fait peur.
Pensée personnelle
Franck
12 août 2009 à 11:40
En voilà une bonne idée… Après tout, c’est normal de dire qui sont les gens qui font nos lois…
oui
12 août 2009 à 11:58
démasquons tous ces pourris…
delphine
12 août 2009 à 12:04
la fin de la “transparence” opaque, les prisons sont remplies d’innocents , mettons y les vrais bandits …..
bernard
12 août 2009 à 12:55
La loi Hadopi est faite pour préserver des privilèges aux bénéfices de quelques qui oublient que leur métier n’est pas de se faire du fric avec des CD à 15 euros ( largement plus que le prix de revient) mais d’apporter du plaisir, de l’émotion et du questionnement. Certains artistes veulent vivre de leurs rentes plutôt que de créer car ils n’en sont plus capables.
Franck
13 août 2009 à 16:27
oui… Mais y’a aussi (surtout) le flickage et le fait de rendre les OS libres (Linux, FreeBSD…) quasiment illégaux puisqu’ hostiles aux mouchards…
Pis plus simplement, cette loi est anti-constitutionnelle…
Fañch Ar Ruz
26 octobre 2009 à 18:27
@ Bernard, les artistes “rentiers” sont vraiment une petite minorité, en réalité la SACEM se fait du pognon sur le dos d’une grande majorité d’artistes ; seuls 60% des inscrits à la sacem touchent effectivement de l’argent.
et parmi ceux là seuls 40% (de ces 60% ) touchent plus du smic mensuel en droit d’auteur …
Par contre je trouve ça un peu facile ta définition (en gros de consommateur): “leur métier c’est d’apporter du plaisir, de l’émotion et du questionnement.”
Ils faut aussi vivre pendant les moments de création (qui ne génère aucun pognon) et je connais peu d’artistes “rentiers”… Alors oui leur intérêt c’est de ne pas signer à la sacem (parce que c’est tout un bazar pour ensuite pouvoir en sortir !!!), mais il ne s’agit pas non plus de se contenter de traiter de rentiers les artistes; il faut aussi poser la question de la subsistance des artistes.
Un lien interressant: http://forum.framasoft.org/vie.....mp;t=16590
Franck
28 octobre 2009 à 15:01
J’suis d’accord avec toi, Fañch, mais il ne faut pas oublier que selon la quasi totalité des enquêtes, les “pirates” culturels consomment plus de biens culturels payant que les autres…
Ce sont surtout les maisons de disque qui râlent, mais n’oublions pas qu’ils trouvaient normal de nous vendre des cd qu’on avait déjà en vinyle quand le cd est sorti… alors c’est plus la dématérialisation du support qui les dérange, je pense…
Mais certains artistes ont des solutions intéressantes (voir l’article sur Nine Inch Nails ici : http://www.etoile-rouge.fr/pol.....a-musique/ )
Alors le débat est long, mais quand le ministre en charge du sujet est producteur de film, on se demande quand même si le débat n’est pas faussé…
Fañch
11 novembre 2009 à 17:23
Oui le débat est faussé, et en général les chanteurs qui montent au créneau, parlent très souvent en tant que… producteurs !
Je vais lire ton lien avec attention.