christophe aleveque 150x133 Je revendique une partie du succès du G20 !Maintenant ça suffit ! Putain de bordel de mille milliards de mille sabords de dollars ! Il paraà®t donc que le G20 de Londres a été un succês historique ? Celui de qui ? Des 20, 30 en vérité, qui étaient sur place ? C’est con, ils auraient été 40, la reine aurait pu jouer le rôle d’Ali Baba. Eux ? Qui n’ont rien vu venir, rien écouté et fermé les yeux sur le bateau ivre du capitalisme mondial, et même soufflés dans les voiles depuis des années ? Eux qui, depuis la crise, jouent les enfants pris la main dans le pot de confiture : « On le refera plus, juré ! On va moraliser le capitalisme partout sur la planête ! Youpi ! » Autant humaniser la peine de mort.
Ou est-ce un peu le succês des « autres », qui rà¢lent et proposent (comme quoi c’est possible), depuis des années ? Les ex-ringards utopiques qui parlent dans le vide depuis longtemps de régulation et de réglementation du bateau. Qui étaient de tous les combats pour rendre l’OMC moins opaque et le FMI un peu plus généreux avec ces cons de pauvres. Et qui n’y croient plus trop d’ailleurs… Pas un mot sur eux aprês le sommet, nada. Même pas un des 30 qui aurait glissé en aparté, entre deux toasts, à  un journaliste qui en aurait parlé le lendemain dans son canard : « Finalement ils avaient un peu raison, on devrait les écouter un peu plus… » Rien ! La pensée unique a encore de beaux restes, politiques et médiatiques. Par contre, beaucoup d’autosatisfaction puante, arrogante et méprisante de la part des dirigeants du monde, en particulier notre narcissique et mégalo président Zébulon 1er. Une vaste entreprise de récupération de la « victoire » aprês un volte-face idéologique à  360 degrés. La vache ! ça fait pitié à  voir, mais c’est fascinant.

Et l’opposition ? Elle est bien emmerdée (pléonasme), avec Strass-Kahn sur la photo souvenir. Vive l’ouverture ! Celui là  ne baise pas que dans les couloirs du FMI, mais aussi tout son camp. Mais finalement, est-ce un succês ? Ne nous plaignons pas à  tout bout de champ (monétaire), ça va dans le bon sens. Par obligation (financiêre), il fallait bien rassurer le quidam sans trop effrayer la finance. Les traders ? On veut leur coller un code de bonne conduite aux fesses mais pas au porte-monnaie. Les fonds spéculatifs, source de base de nos emmerdes ? On veut contrôler mais pas supprimer. Les paradis fiscaux ? Mise en place d’une liste noire pour les cancres, une grise pour les peut-mieux-faire et une autre liste pour les bons élêves (couleur à  déterminer lors du prochain sommet)… Donc pour lutter contre les paradis fiscaux, des crayons de couleurs. A la place du Costa Rica (prenez vos crayons de couleur noirs), j’en aurai froid dans le dos.
Pour résumer, l’argent reste plus libre que nous. Nous l’avons fait roi, ne nous plaignons pas d’être ses laquais. Avec, dans le rôle des 30 laquais en chefs, ceux de la photo souvenir. Finalement, tout bien réfléchis, je ne revendique plus rien. On peut changer d’avis, merde ! Il paraà®t que ça rend moins con.

Christophe Alévêque
Siné Hebdo n°31 du 8 avril 2009

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