Un veritable révolutionnaire est guidé par l'amour… l'amour des Hommes, de la justice et de la vérité… Ernesto Guevara
Pour ce premier jour de reprise du travail-en-sursis, j’ai été gà¢té : France Inter a tiré Christine Lagarde de sa retraite estivale du sud de la France pour venir la faire parler de l’actualité.
Au passage, je conseille à ceux qui trouvent le titulaire du poste, Nicolas Demorand, peu pugnace voire complaisant avec les invités, d’écouter son remplaçant du moment : Eric Delvaux, dont la seule pointe d’impertinence fut de railler la pseudo-baisse des prix dans la restauration…
Pour le reste, Christine Lagarde n’avait guêre plus de soucis à se faire que lors d’un passage chez Drucker… Pourtant elle a enfilé les perles avec un parfait aplomb, et n’importe quel journaliste digne de ce nom aurait pu lui mettre le nez dans son caca à plusieurs reprises.
Il faut dire qu’elle a fait beaucoup de progrês, Christine Lagarde, depuis son débarquement en France en provenance des à‰tats-Unis. Enfin, quand je parle de progrês, ils concernent uniquement son aptitude à la communication avec la plêbe. Pour le reste, rien n’a changé, hélas…
Pour ceux qui l’auraient oublié, Christine Lagarde dirigeait un três gros cabinet international d’avocats aux Etats-Unis, lorsqu’elle fut appelée au gouvernement par Dominique de Villepin en 2005. A peine débarquée en France, sabre ultralibéral au clair, elle avait dévoilé son objectif de supprimer le code du travail, ce boulet qui empêchait les gentils patrons de tourner en rond. Ou plutôt de gagner encore plus de ronds. Tancée par Villepin, elle a été obligée de se calmer, et je suppose qu’elle a pris quelques cours de communication… Aprês tout, certains prennent des coaches pour se muscler le périnée, d’autres peuvent bien en prendre pour savoir causer dans le poste…
Mais ce changement sur la forme ne peut pas tromper un auditeur averti. C’est un peu comme un gros dragueur bien lourdingue qui demande à une femme “Tu baises ?â€, qui se prend une claque en retour, et qui revient quelques jours plus tard avec un bouquet de roses et une invitation au resto : il faut être bien naïf pour ne pas voir que si la forme est plus acceptable, l’objectif reste évidemment le même !
Le premier chapitre fut un exercice d’autosatisfaction : en effet, grà¢ce à la brillante intervention de notre ministre des finances, la demande du vilain Gadonneix d’augmenter le tarif de l’électricité de 20% sur 3 ans s’est muée en augmentation de 1.9% pour les particuliers. Quelle bienfaitrice ! Et comme son coach le lui a appris, elle a réussi à placer deux fois l’existence d’un “tarif social de l’électricitéâ€Â !
Sur Molex , aucun condamnation de la délocalisation cynique et sauvage : Christine Lagarde se félicite de la mise en place d’une médiation, et a même le toupet d’ajouter “Il y a eu des excês de part et d’autre dans cette affaireâ€. Les salariés apprécieront le soutien. Même s’ils se doutent bien que pour elle qui ne fréquente que des patrons, les “salariés†ne se matérialisent que sous forme de nombre dans les colonnes d’un tableur…
Le sujet suivant concernait les bonus des banquiers et des traders. Delvaux rappelle que les 10 plus gros salaires de BNP Paribas, banque qui a reçu 5 milliards d’euros d’aides publiques, se sont élevés à 50 millions d’euros. 5 millions par tête de noeud pipe. Effectivement c’est beaucoup. Mais Delvaux n’a pas demandé à Lagarde si elle ne se sentait pas un peu morveuse de faire mine de s’offusquer de cela, elle qui à la tête de son cabinet d’avocats touchait naguêre 800 000 dollars de salaire annuel, et dont personne à ma connaissance n’a divulgué le montant des bonus… Car Lagarde qui s’insurge des bonus des banquiers, c’est L’hôpital qui se fout de la Charité, ou Dutroux qui se fout de Fourniret…
Lagarde n’a décidément pas changé : son seul credo est toujours LA CROISSANCE. Tout part de là , et tout y mêne. Elle qui allait chercher le deuxiême chiffre aprês la virgule pour se réjouir avant “la criseâ€, est toute fiêre d’annoncer un +0.3% au deuxiême trimestre. Et ce n’est pas Delvaux qui allait doucher son enthousiasme, au contraire, puisqu’il a même trouvé le moyen de lui tenir à deux mains sa grosse louche de soupe : “ou seront vos prochains leviers pour soutenir la croissance ?â€â€¨Je me demande quelles études de mathématiques ont pu faire Christine Lagarde, Eric Delvaux et la plupart des politiciens, économistes (et journalistes économiques) pour croire encore contre toute évidence qu’une croissance infinie est pensable dans un monde fini !
Le modêle de la “croissance à tout prix†est agonisant, et comme si la catastrophe née de la “création de richesses virtuelles†que vient de nous infliger la finance ne suffisait pas à rendre l’esprit à ceux qui l’avaient perdu, il va de toute façon se heurter tôt ou tard (et plus probablement tôt que tard) au mur de l’énergie. Il faut être débile et inconscient pour ne pas s’en rendre compte. Et pourtant, ceux qui tiennent de tels propos et disent qu’il est temps de refonder les principes de l’économie, du travail et du partage des ressources passent encore pour des illuminés… Alors les maniaques dangereux qui célêbrent cette “croissance†gouvernent la quasi-totalité des pays du monde…
Pour vous donner une idée de la cata dans laquelle nous sommes, quelle est la principale raison évoquée par Madame Lagarde pour que la “croissance†reparte ?
“Le restockage que les entreprises doivent faireâ€. On ne rit pas ! C’est vrai que pour prendre l’exemple des marchands de bagnoles, il y a bien des industriels qui ont vidé leurs stocks pléthoriques, et à un moment ou à un autre, il faudra bien refabriquer. Voilà . Et quand le stock sera reconstitué, voire rempli au delà du raisonnable, comme l’ont justement fait les constructeurs automobiles avant la crise ? Hein ? On repart pour un tour ?
Mais laissons la croissance à son triste sort pour passer au sujet suivant : le travail le dimanche. Encore que ce n’est pas vraiment un sujet différent, le travail du dimanche n’est qu’une nouvelle tentative ridicule et désespérée pour “relancer cette foutue croissanceâ€. Eric Delvaux rappelle que FO veut saisir le Bureau International du Travail (B.I.T) à ce sujet. Lagarde répond sans rire “On tient toujours compte des observations du B.I.Tâ€. Euh… Je veux bien croire qu’elle laisse les gens du B.I.T parler, mais de là à tenir compte de ce qu’ils disent… Disons qu’elle cache un peu ses boules Quies… Et de citer le patron d’un grand magasin du Boulevard Haussman : “Moi je crée demain 400 emplois dês lors que j’ouvre mes magasins le dimancheâ€. Tiens, c’est étrange Delvaux ne lui fait pas remarquer que l’argent dépensé le dimanche ne le sera pas le reste de la semaine, et que les 400 emplois (théoriquement) créés ici seront forcément détruits ailleurs, comme cela s’est passé entre les grandes surfaces et le commerce de proximité…
Il aurait aussi pu lui demander, mais il ne faut pas rêver, si elle elle ne trouvait pas minable de mettre en application en plein mois d’aoà»t une loi scandaleuse et entubatoire pour les salariés, qui aprês toutes les rodomontades sur le “travailler plus pour gagner plus†et l’argumentaire initial qui était de dire que les “volontaires†pour travailler le dimanche gagneraient le double était réduit à néant, puisque dans un retournement ahurissant on apprend désormais que dans de nombreux cas les pauvres pommes qui seront concernées ne gagneront pas un fifrelin supplémentaire… Du concentré de honte à l’état le plus pur.
Je glisse sur le formidable succês de la baisse de la TVA dans la restauration, dont même Lagarde et Delvaux conviennent que c’est un ratage complet, et qu’au lieu des 11.8% de baisse théorique des prix qui eà»t du en résulter, la baisse observée serait plutôt dans les 1%… Curieusement, ni Lagarde ni Delvaux ne reconnaissent que cette mesure clientéliste n’était qu’un vil cadeau électoraliste à une confrérie largement acquise à l’UMP… Pas plus que l’un ou l’autre n’extrapole sur la crédibilité de ceux qui promettent qu’ils vont créer des emplois si on les laisse ouvrir le dimanche, ou rester dans la décence pour la rémunération de leurs traders…
Mais le plus drôle était à venir, lorsque la “taxe carbone“ vint sur le tapis. Bon, Christine Lagarde a benoà®tement confirmé ce que l’on savait déjà , c’est à dire que la suppression de la taxe professionnelle (“un impôt imbécileâ€, selon elle) serait bien compensée par la “taxe carbone†(“un bel impôtâ€, toujours selon elle). Je l’ai déjà dit, cela est proprement scandaleux, le but de la taxe carbone n’a jamais été de faire baisser les impôts des entreprises ! Christine Lagarde le sait, d’ailleurs, puisqu’elle annonce que le but de cette taxe est de “nous rendre un peu plus intelligent avec notre environnement et à changer notre comportement…â€.
Eric Delvaux prend la défense du con-sommateur outragé, et l’apostrophe en ces termes vifs : “les 32 centimes d’euros la tonne de CO2 préconisés dans le rapport Rocard, vous êtes plusieurs à trouver que ça fait beaucoupâ€.
Lagarde acquiesce, et compatit : “il ne faut pas que d’un coup on ait plus 8 centimes d’euros au litre de superâ€, avant d’expliquer : “Le prix de marché sur la tonne de CO2, c’est aujourd’hui 14 heu… centimes. Alors de 14 à 32, il y a de la margeâ€
Quelle démonstration d’incompétence ! Quel déballage d’énormités en quelques minutes sur ce sujet ! La preuve que les politiciens et les journalistes sont moins à l’aise sur les sujets d’avenir que pour disserter stérilement sur leur “croissance†du passé !
D’abord, le coà»t envisagé de la tonne de CO2 n’est pas de 32 CENTIMES d’euros, mais de 32 EUROS ! Bah, ça fait juste un rapport de 1 à 100, c’est une erreur excusable pour un ministre des finances, les vacances, sà»rement ! Du coup on comprend mieux l’énormité du déficit budgétaire, ou les montants pharaoniques des aides aux banques : ce n’étaient pas des euros qui étaient prévus, mais des anciens francs !
Quant au surcoà»t de 8 centimes d’euro par litre de super (elle ne sait pas que l’immense majorité des automobilistes roulent aujourd’hui au gasoil), doit-on lui rappeler que ce prix a baissé d’une trentaine de centimes par rapport à l’été dernier, alors ce ne sont sà»rement pas 8 pauvres centimes qui vont inciter à quoi que ce soit…
Ensuite, le cours de 14 euros la tonne est scandaleusement bas, puisqu’il résulte de la surattribution aux industriels de quotas basés sur leur pollution actuelle (que l’on “amnistie†donc de fait), et n’a strictement rien à voir avec la réalité.
Jean Marc Jancovici, l’un des pêres de l’idée de “Taxe Carboneâ€, évoquait en 2003 le chiffre de 1500 euros “la tonne d’équivalent carboneâ€, et comme un kg de CO2 vaut 0.2727 “tonne d’équivalent carboneâ€, cela fait environ 400 euros la tonne de C02, prês de 13 fois le chiffre de Rocard !
Je cite encore Jancovici, à propos de son chiffre : “C’est donc beaucoup, mais c’est volontaire pour l’exercice : un niveau bien plus faible (de l’ordre de 100 à 150 euros la tonne de carbone, soit de 5 à 10 centimes en plus sur le prix de l’essence) ne permettront pas d’infléchir les comportements de maniêre compatible avec la diminution à atteindre.†100 à 150 euros la tonne de carbone, c’est donc 27 à 40 euros la tonne de CO2, exactement dans les eaux du chiffre de Rocard !
Ceci relativise donc les couinement de madame Lagarde et des con-sommateurs, et permet d’affirmer avec Jancovici que cette taxe ne servira à rien… sinon à faire boucher par les particuliers le trou résultant de la suppression de la taxe professionnelle…
Le bilan de cette émission : affligeant ! Mais tant que nous aurons des Christine Lagarde au gouvernement, et des Eric Delvaux pour les interroger, comment voulez-vous que les choses changent ?
Source : SuperNo
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De l’ancien français travail « tourment, souffrance » (XIIe siècle), du bas latin (VIe siècle) tripálĭus du latin tripálĭum, « instrument de torture à trois poutres ».
Alors que penser de la "valeur travail" si chère à ce grand travailleur (8 semaines de vacances par an) qu'est Nicolas Sarkozy de Nagy-Bosca ? La torture est-elle une valeur respectable ? Apparemment, selon la droite décomplexée (l'extrême droite, en fait, l'UMP ayant depuis longtemps "choisi" son camp), il semblerait que oui.
J'sais pas vous, mais moi, ça me fait peur.
Pensée personnelle
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