Un veritable révolutionnaire est guidé par l'amour… l'amour des Hommes, de la justice et de la vérité… Ernesto Guevara
Pour sauver une poignée de banquiers, tous les Etats du monde ont réussi à trouver 3.000 milliards d’un coup alors qu’ils oublient depuis des années de payer le vingtième de cette somme pour sauver les pays pauvres de la famine, des pandémies et de la misère. Le masque du système libéral est tombé.
En l’an 2000, l’ONU a adopté un ambitieux programme appelé les «Objectifs du Millénaire».
Sur la base de solides travaux de la Banque Mondiale, il fut décidé de viser, pour 2015, l’éradication des grandes pandémies (Sida, Paludisme, Tuberculose), la réduction de la très grande pauvreté, la diminution par deux de la faim dans le monde, la réduction drastique de la mortalité périnatale maternelle et infantile et la régression significative de l’illettrisme et des discriminations envers les Femmes.
Le coût du programme ? Environ 150 milliards de dollars par an…
A mi chemin de ce parcours, l’ONU vient de publier un rapport d’étape, qu’ATTAC résume comme suit :
Parallèlement, la FAO, qui prépare pour demain sa journée mondiale contre la faim constate une augmentation de la faim dans le monde : plus de 920 millions de personnes se couchent tous les soirs la faim au ventre, et meurent lentement dans cette prison.
Les raisons ? On en connaît plein : le sous-développement, la corruption, la domination de l’Occident, les inégalités du marché, les guerres, la rapacité…
Mais la raison principale est bien simple : les Etats, à de rares exceptions près, n’ont pas tenu leurs engagements. Les 150 milliards de dollars annuels nécessaires à la mise en place des objectifs du Millénaire n’ont jamais été versés. On n’a même jamais atteint les 100 milliards.
A l’aune des 3000 milliards (estimation provisoire), qui viennent d’être versés pour sauver le système bancaire, ce constat est intolérable.
Certes, on va nous dire que cela n’a rien à voir. On va nous taxer de gauchisme. Les investissements nécessaires à la remise en ordre d’un équilibre mondial n’ont rien à voir avec les dépenses de solidarité.
Nous n’acceptons plus ce discours.
Si la morale et le bon sens n’ont pas suffit à le réfuter, l’actualité récente de la crise financière devrait y parvenir.
On nous parlera de l’asymétrie entre les riches et les pauvres. On nous dira que les pauvres n’ont aucune chance de s’enrichir quand les riches s’appauvrissent. Foutaises ! Depuis trente ans, les gains de productivité de l’économie vont massivement au capital. La croissance n’enrichit pas les pauvres. Les prédateurs prennent tout.
On nous dira que l’on investit pour éviter une catastrophe qui pénaliserait tout le monde. Foutaises : le fossé croissant entre les pays prospères et les pays pauvres, et l’omniprésence indécente de nos images représentent un risque bien plus grand.
On nous dira que les milliers de milliards d’euros qui vont être mobilisés ne coûtent rien, puisqu’il s’agit d’emprunts permettant des investissements (et des actifs pour les Etats). Foutaises encore : le développement humain est tout autant un investissement.
On nous dira que nous sommes des idéalistes droits de l’hommistes et que les pauvres n’ont pas besoin de notre argent, que la corruption et l’illettrisme gangrènent les efforts de l’Occident. Foutaises. On s’est contenté de verser un peu d’eau dans le sable. Avec 3 000 milliards de dollars, on aurait changé la face du monde.
On nous dira que les opinions ne sont pas prêtes, que les électeurs sont égoïstes, que les candidats qui auraient promis de financer l’aide au développement auraient perdu les élections. Foutaises toujours : les américains sont très majoritairement hostiles au plan Paulson, la rue européenne commence à réaliser ce qui se passe à à manifester son désaccord.
La vérité est beaucoup plus simple. Les riches viennent de se serrer les coudes. Ils ont paniqué en voyant s’effondrer le monde qu’ils nous imposent depuis trente ans. Ils emploient la puissance publique, et l’argent public, pour tenter de sauver les meubles. C’est de l’abus de biens publics.
On a pu sauver Wall Street, on pouvait sauver l’Afrique, le Bangladesh ou le tiers monde.
On ne l’a pas fait parce qu’on s’en foutait.
Cette crise vient de faire tomber les masques. Les arrogants théoriciens du «libéralisme» sont venus tendre la sébille. Les gouvernements paniqués ont vidé leurs caisses et développé une ingéniosité sans précédent pour leur sauver la mise. Ce monde marche sur la tête.
Si cette crise ne lance pas le début d’une véritable contre-offensive de gauche, qui se débarrasse à la fois de ses oripaux d’extrême gauche (notamment de ce stupide romantisme) et de ses complexes intellectuels vis à vis des nantis, nous serons des imbéciles finis aux yeux de l’histoire. Pire, nous serons coupables des morts de cette imbécilité.
source : Raphaël Anglade ( Betapolitique )
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Travail :
De l’ancien français travail « tourment, souffrance » (XIIe siècle), du bas latin (VIe siècle) tripálĭus du latin tripálĭum, « instrument de torture à trois poutres ».
Alors que penser de la "valeur travail" si chère à ce grand travailleur (8 semaines de vacances par an) qu'est Nicolas Sarkozy de Naguy-Bosca ? La torture est-elle une valeur respectable ? Apparemment, selon la droite décomplexée (que je préfère appeler extrême droite), il semblerai que oui.
J'sais pas vous, mais moi, ça me fait peur.
Pensée personnelle
Franck
16 octobre 2008 à 14:53
Alors la question que je me pose après lecture de ce très bon article, c’est « à quoi sert l’ ONU ? »
Sinon, déjà que je ne vois pas bien ce qu’il y a d’extrême dans ce qui est communément appelé extrême gauche, et c’est pas cet article qui va me faire changer d’avis (en France, par exemple, la LCR est à gauche, le PS à droite, et l’ UMP… ben oui, faut ouvrir les yeux (oui, eux ils en ont deux, c’est la seule différence d’ailleurs), c’est extrême…), il est quand même plus sain d’être « romantique » que facho… Et le romantisme Guevariste, c’est un nouveau concept journalistique ?