Un veritable révolutionnaire est guidé par l'amour… l'amour des Hommes, de la justice et de la vérité… Ernesto Guevara
Par Jean-Marie Harribey coprésident d’Attac et christiane Marty membre du conseil scientifique d’Attac
En juillet, alors que la premiêre tranche nucléaire EPR [réacteur pressurisé européen] était en chantier à Flamanville (Normandie), Sarkozy a annoncé le projet d’un second EPR. L’électricien national EDF, qui affirmait pourtant que la France n’en avait pas besoin, s’est tout de même porté candidat pour le construire, suivi par GDF Suez.
Le président de la République, hésitant entre les deux, envisageait du coup un troisiême EPR ( !) ce qui aurait permis d’en attribuer un à chacun. Sarkozy vient de confirmer le lancement d’un second EPR, dont la réalisation est «confiée à EDF qui sera associée à GDF Suez». Mais quelle légitimité a-t-il pour décider de ces projets ? Aucune. Il s’agit en réalité d’un double déni de démocratie.
D’abord par une façon três personnelle de l’omniprésident d’ignorer la Programmation pluriannuelle des investissements de production d’électricité (PPI). Celle-ci, initiée par la loi du 6 février 2000 et élaborée par la Direction générale de l’énergie et des matiêres premiêres (DGEMP), fixe les investissements souhaitables en moyens de production d’électricité et leur répartition par filiêre (gaz, nucléaire, renouvelables) sur la base d’un bilan prévisionnel des besoins établi tous les deux ans.
Or la PPI actuelle a entériné la mise en service d’un EPR, celui de Flamanville, et les évaluations en cours n’envisagent pas d’autre centrale nucléaire avant 2015-2020. Quelle que soit la critique que l’on peut avoir sur une PPI qui se contente d’accompagner les tendances existantes, la décision de Sarkozy de lancer un second EPR revient à s’asseoir dessus.
En outre, cette décision ne fait aucun cas de l’objectif, primordial, de réduire de 20 % la consommation d’énergie d’ici à 2020, présente dans le Grenelle de l’environnement et le paquet «climat énergie». Cet objectif en reste surtout au niveau de l’affichage, en l’absence de mesures concrêtes contraignantes. Mais on voit mal comment entreprendre une politique volontariste de diminution de la consommation tout en construisant des moyens de production d’électricité en surcapacité, qui n’ont évidemment pas pour vocation de rester sous-utilisés.
Ni le premier EPR ni maintenant le second ne répondent à des besoins de la consommation française (comme le reconnaissait EDF). Ils visent principalement à pourvoir EDF et GDF Suez du savoir-faire d’ensemblier nucléaire, en vue d’une relance du nucléaire, non seulement dans l’Union européenne, mais aussi au niveau international.
On sait que ces EPR nationaux produiront de l’électricité pour l’exportation. On sait que c’est le but de la libéralisation de livrer le secteur électrique aux intérêts privés en organisant «un grand marché électrique européen». La libéralisation a abouti à un oligopole de grands groupes européens qui ont vu exploser leurs marges bénéficiaires, tout en sapant le service public.
On en arrive, avec le marché électrique européen, à une situation aberrante ou l’on construit des centrales nucléaires dans un pays (ou l’opinion les accepte semble-t-il plus facilement, surtout dans des régions frappées par la crise économique) pour vendre l’électricité dans un autre.
On renforce donc les lignes d’interconnexion entre les pays. Outre leur coà»t, les lignes à haute tension constituent une nuisance environnementale (c’est le cas de celles traversant les Alpes vers l’Italie, ou des Pyrénées vers l’Espagne) que n’acceptent pas les riverains. L’interconnexion du réseau européen devrait s’en tenir à sa fonction premiêre de secours réciproque aux frontiêres. La notion de marché électrique est une aberration économique, technique et environnementale.
Viser l’augmentation des échanges électriques entre les pays est contradictoire avec l’objectif rationnel et économe de développer une production la plus décentralisée possible, réduisant les pertes en ligne dues au transport, destinée à une consommation locale et favorisant une production à base d’énergies renouvelables.
Les décisions de relance du nucléaire sont prises au mépris de l’exigence démocratique, et cela constitue le second déni. Dans le contexte actuel, marqué par la raréfaction des ressources de la planête et par l’impact des choix de filiêres énergétiques sur le réchauffement climatique, la politique énergétique n’est pas un simple choix technologique, mais un choix de société. A plus forte raison lorsqu’il s’agit de décider de la relance de la filiêre nucléaire, du fait de ses caractéristiques : risque majeur concernant la sà»reté, production de déchets dont on ne connaà®t ni le devenir ni le coà»t de traitement, et centralisation mettant la filiêre hors de portée d’un contrôle démocratique.
La question de la sà»reté devient encore plus cruciale que les entreprises sont privatisées ou en voie de l’être et que rêgne la recherche du moindre coà»t. Le programme nucléaire lancé dans les années 1970 n’a pas été décidé de maniêre démocratique. Avec l’ampleur des conséquences de la politique énergétique en termes environnementaux et sociaux, il est urgent que ces choix reviennent aux citoyens et aux citoyennes
Source : Libération vendredi 27 février 2009
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De l’ancien français travail « tourment, souffrance » (XIIe siècle), du bas latin (VIe siècle) tripálĭus du latin tripálĭum, « instrument de torture à trois poutres ».
Alors que penser de la "valeur travail" si chère à ce grand travailleur (8 semaines de vacances par an) qu'est Nicolas Sarkozy de Nagy-Bosca ? La torture est-elle une valeur respectable ? Apparemment, selon la droite décomplexée (l'extrême droite, en fait, l'UMP ayant depuis longtemps "choisi" son camp), il semblerait que oui.
J'sais pas vous, mais moi, ça me fait peur.
Pensée personnelle
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