La «dissolution politique» de la LCR doit être votée aujourd’hui au Congrês qui s’ouvre à  la Plaine Saint-Denis. En devenant le Nouveau parti anticapitaliste, la formation devrait passer de 3 200 à  9 000 militants, selon Besancenot.

«Jeudi, on se dissout et vendredi on renaà®t, ce qui prouve qu’on ne meurt jamais», plaisante Alain Krivine, qui fut en 1969 le premier candidat à  la présidentielle de la LCR, créée dans la foulée de mai 1968 pour préparer le Grand Soir. Quarante ans aprês, pour surfer sur la popularité d’Olivier Besancenot (4 % à  la présidentielle de 2007, 60 % d’opinion favorables dans les sondages) et occuper l’espace laissé par «la dérive social-libérale» du PS et la satellisation du PCF, la direction de la LCR lance un appel pour «un pôle anticapitaliste».

Objectif : lancer une OPA sur l’extrême gauche et la gauche de gauche en rassemblant «le meilleur de la tradition du mouvement ouvrier, trotskiste, communiste, guévariste, écologiste et féministe». Aprês plus d’un an de processus constituant, «qualitativement et quantitativement, l’objectif est rempli. On était 3 200 à  la LCR, on est plus de 9 000 au NPA», note Besancenot. D’autres assurent que «le nombre de votants au congrês, c’est-à -dire de vrais militants engagés, tournerait plutôt entre 5 000 et 6 000».

Noyau dur et nébuleuse

«à vue de nez, il y a pas mal de jeunes, des syndicalistes, des associatifs. On n’est pas un parti “d’ex” et de déçus, plutôt des “sans-parti”», assure Besancenot. Dans les 467 comités locaux, se côtoient sous la houlette des militants de la LCR des associatifs de quartiers, des retraités du PCF, des antilibéraux des comités Bové, des anciens de Lutte ouvriêre, des écologistes décroissants et des altermondialistes d’Attac. Au sein de cette nébuleuse, «les apports des nouveaux militants sont éparpillés. La LCR, seul courant national au sein du NPA, et la fraction de LO tirent les ficelles», explique un membre de la Ligue. à preuve : «La liste des 21 propositions pour rebaptiser le NPA témoigne d’une surenchêre gauchiste la plus folle», dénonce Christian Picquet, du courant unitaire de la LCR.

Anticapitaliste, éco-socialiste et révolutionnaire

Officiellement, le NPA n’est plus affilié à  la IVe Internationale fondée par Léon Trotski. Sa déclaration de principe prône «un socialisme du XXIe siêcle». Et les préoccupations environnementales et sociétales sont plus marquées. Mais la ligne ne bouge pas : «Anticapitaliste et 100 % indépendante de la direction du PS». «Entre le NPA et la LCR, rien ne change. On attend toujours un nouveau Mai 68. Des luttes pour que ça déborde. On traà®ne le vieux rêve anar de la grêve générale prolongée. C’est la même ligne imbécile qui ne marche pas», fustige Gilles Suze, cégétiste et historique de la Ligue. «Même à  10 000, vouloir révolutionner la société, c’est un peu mégalo», explique Picquet, qui compte défendre l’alliance avec Mélenchon et le PCF aux européennes face à  une majorité du NPA plus encline «à  rester sur son Aventin» pour faire la fête anticapitaliste entre soi.

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