Un veritable révolutionnaire est guidé par l'amour… l'amour des Hommes, de la justice et de la vérité… Ernesto Guevara
Christian Picquet est militant du Nouveau Parti anticapitaliste et animateur de l’association Unir. Selon lui, aucune force politique ne peut incarner seule une alternative crédible de transformation sociale.
Foin de la diplomatie et de la langue de bois. Ce début mars va représenter la premiêre épreuve de vérité pour le Nouveau Parti anticapitaliste. à‰purée d’une large part des représentants de la minorité « unitaire » au terme du coup de force orchestré à l’issue de son congrês fondateur (Politis en a rendu compte), sa direction va devoir définitivement sortir de l’ambiguïté : ou, à l’occasion des rencontres organisées avec ses partenaires potentiels, elle ouvre enfin la porte laissée entrebà¢illée à la constitution d’un front de gauche pour les élections européennes ; ou, comme elle semble vouloir en préparer par touches successives le terrain, elle va jusqu’au bout d’un choix de fermeture, donc de la division délibérée de la gauche de gauche.
L’enjeu n’est pas mince. à l’heure ou la crise du capitalisme place la planête tout entiêre au bord de catastrophes humaines et écologiques majeures, ou la construction libérale de l’Europe révêle sa finalité destructrice de conquêtes sociales et démocratiques fondamentales, ou l’exaspération populaire peut à tout moment déboucher sur une explosion dont la grêve générale de Guadeloupe dessine possiblement les prémisses, la question est plus que jamais posée d’une réponse politique à la hauteur de défis littéralement historiques. Face à un Parti socialiste irréversiblement prisonnier d’une ligne d’accommodement qui entraà®ne la gauche française dans les mêmes impasses désintégratrices que son homologue italienne, aucune force ne peut à elle seule incarner une alternative crédible de transformation sociale. Y compris le NPA, dont le succês et l’écho proviennent, par-delà la personnalité d’Olivier Besancenot, de la promesse affichée d’un renouvellement profond des pratiques politiques à gauche, autrement dit d’une réconciliation du dire et du faire.
Pour savoir si le rassemblement d’une gauche digne de ce nom, susceptible d’initier un bouleversement de la donne politique hexagonale, s’avêre possible, trois critêres, trois seulement, méritent d’être retenus. Il doit d’abord être porteur d’un contenu clairement en rupture avec les politiques capitalistes et libérales conduites ces trois derniêres décennies, avec les résultats que l’on sait. L’appel de Politis en a, à grands traits, tracé les contours : refus du traité de Lisbonne, redistribution radicale des richesses au moyen d’une harmonisation sociale et fiscale au niveau le plus élevé, réappropriation publique du systême bancaire et du crédit, instauration d’un bouclier social protégeant les populations du continent des politiques patronales de sortie de crise, mise en Å“uvre d’un processus constituant pour une Europe authentiquement démocratique, sortie de cette alliance belliciste aux mains des à‰tats-Unis qu’est l’Otan… Il lui faut encore afficher le plus large pluralisme, offrant aux organisations ou mouvements politiques engagés une identique visibilité, tout en englobant dês le départ le maximum d’acteurs du mouvement social. Il a enfin le devoir impératif d’impulser, sur le terrain, une dynamique populaire d’une ampleur comparable à la campagne du « non » de gauche de 2005.
Toute autre « condition » ne sera que prétexte ou faux-semblant, inavoué car inavouable, et il sera perçu ainsi à une large échelle. Ne parlons même pas de la demande d’un accord programmatique sur la sortie du nucléaire, si incongrue qu’en son temps la LCR se garda bien de chercher à l’imposer à Lutte ouvriêre pour la conclusion d’alliances électorales. Quant à l’exigence que le front des européennes se prolonge aux régionales de l’année suivante, elle ne saurait représenter un préalable justifié. Non que l’indépendance envers le social-libéralisme fà»t un point secondaire. Elle constitue, au contraire, le problême dont dépend, in fine, l’émergence d’une force à même de disputer au PS l’hégémonie dont il continue à jouir sur la gauche, en dépit de son incurie. Mais l’unique maniêre de faire avancer cette indispensable clarification n’est-elle pas de remédier à cet éparpillement fatal qui pousse une partie de la gauche de transformation à se résigner à la satellisation par le PS ?
Quelles que soient les tensions entre organisations que l’on peut redouter pour les jours prochains, le découragement ne doit pas être de mise. La construction du plus large front de gauche et, surtout, l’élan militant qui le portera vont três largement découler de l’engagement de ceux qui firent le succês du 29 Mai et, plus largement, de ces milliers d’hommes et de femmes qui veulent d’un même vote, vraiment à gauche, sanctionner les politiques libérales et donner un prolongement à une attente sociale sans précédent. Jusqu’au dernier instant, celui ou il s’agira de déposer officiellement les listes de candidats, il leur revient de créer les conditions d’une union anticapitaliste dont nul ne pourra, au bout du compte, se tenir à l’écart. La bataille est suffisamment décisive pour qu’aucune énergie ne manque à l’appel…
Christian Picquet
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De l’ancien français travail « tourment, souffrance » (XIIe siècle), du bas latin (VIe siècle) tripálĭus du latin tripálĭum, « instrument de torture à trois poutres ».
Alors que penser de la "valeur travail" si chère à ce grand travailleur (8 semaines de vacances par an) qu'est Nicolas Sarkozy de Nagy-Bosca ? La torture est-elle une valeur respectable ? Apparemment, selon la droite décomplexée (l'extrême droite, en fait, l'UMP ayant depuis longtemps "choisi" son camp), il semblerait que oui.
J'sais pas vous, mais moi, ça me fait peur.
Pensée personnelle
Jef
11 mars 2009 à 17:17
Il est sympa, Piquet, mais il apparait plutot que c’est le NPA qui refuse le front de gauche lancé par le PG le PCF et les alternatifs…
Alors OK, à priori (aux vues des dernières élections), le NPA semble etre la plus grosse force de gauche, mais pour combien de temps encore ?
Olivier Besancenot risque d’avoir un réveil difficile s’il continue à vouloir jouer en solitaire.