Un veritable révolutionnaire est guidé par l'amour… l'amour des Hommes, de la justice et de la vérité… Ernesto Guevara

La crise financiêre a mis en exergue les thêses d’un Nouveau parti anticapitaliste en pleine phase de construction. Enquête.
Derriêre la porte, Alain Krivine. La LCR (Ligue communiste révolutionnaire) a amorcé sa mutation en NPA (Nouveau parti anticapitaliste), mais les grandes figures ne disparaissent jamais tout à fait. A l’entrée de l’imprimerie du défunt Quotidien Rouge, aucune plaque. Pourtant, au-dessus des rotatives toujours en fonctionnement, au cÅ“ur de Montreuil (Seine-Saint-Denis), est abrité le siêge du parti d’extrême gauche.
Le cofondateur de la LCR met fin à sa conversation téléphonique et indique le chemin. Il est resté la boussole idéologique d’un parti qui a aujourd’hui un nouveau visage, celui, poupin, d’Olivier Besancenot. Mais le postier est absent cet aprês-midi-là , il continue de travailler à la poste de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) trois jours par semaine. L’occasion de découvrir la véritable identité du futur NPA, qui se dissimule derriêre les traits hypermédiatiques du postier.
Une partie de la quinzaine des salariés du parti s’affaire dans les étages supérieurs. Il faut rédiger les textes fondateurs, envoyer les cartes d’adhésion… Le renouvellement n’est pas que dans les têtes : les murs sont fraà®chement peints, les bureaux pas encore arrangés, le siêge est en travaux depuis plusieurs mois.
Aprês l’appel à créer un « nouveau parti anticapitaliste » au lendemain de la fructueuse présidentielle de 2007 (4,08% des voix au premier tour, deux fois plus que le PCF), la machine s’est emballée. 1000 personnes ont assisté à la premiêre réunion nationale des comités locaux fin juin, 1500 à l’université d’été fin aoà»t (à titre de comparaison, le PS en a attiré 4000). Combien seront-ils au congrês constituant du NPA en janvier, date à laquelle la LCR disparaitra ?
Des militants à l’image de Besancenot
Des nouveaux militants au profil qui diffêre grandement de ceux de la LCR. C’est la chercheuse Florence Joshua qui l’a révélé, dans son étude publiée au sein de l’ouvrage collectif « Pour une gauche de gauche » (Ed. du Croquant, avril 2008). Elle fait la distinction entre les militants traditionnels et ceux venus aprês la présidentielle de 2002 qui préfigurent de ce que sera la base du NPA :
« Durant la campagne présidentielle de 2002, et en particulier aprês le 21 avril, la LCR a vu ses effectifs quasiment doubler. Cette augmentation brutale des effectifs a entraà®né des bouleversements importants dans un petit parti qui ne comptait guêre plus de 1500 militants dans toute la France avant 2002. Le collectif militant a été profondément renouvelé et rajeuni. Il est aussi devenu socialement et idéologiquement beaucoup moins homogêne qu’auparavant. »
Les nouveaux effectifs du parti sont plus jeunes (40% des militants post-2002 ont moins de trente ans, contre 25% des militants auparavant), davantage précaires (les salariés précaires et les demandeurs d’emploi représentaient 8,8% des militants entrés avant 2002, contre 22% des nouveaux militants) et le poids des employés a doublé chez les militants recrutés à la LCR depuis 2002. D’ou la conclusion de Florence Joshua :
« La LCR recrute aujourd’hui en partie à l’image de son incarnation médiatico-politique en la figure d’Olivier Besancenot : un homme jeune, d’un peu plus de trente ans, employé à La Poste, gagnant 1100 euros nets par mois. »
La tendance se confirme avec le passage de la LCR au NPA, aux dires de Julien, enseignant en lycée professionnel de 27 ans, qui cadre parfaitement avec cette nouvelle génération. Il a participé à la création du comité NPA du XXe arrondissement de Paris, aprês avoir été déjà milité à la LCR de 2004 à 2006 (il avait à l’époque rendu sa carte « faute de temps »). Lui est donc déjà rompu aux joutes antilibérales, mais il est rejoint par « beaucoup de non-militants, surtout des jeunes », et « se pose d’ailleurs la question de la formation ».
Au cœur des conflits sociaux
Des comités comme celui du XXe, il en existe déja plus de 300 en France. Ils comptent jusqu’à 50 membres. Des membres qui souvent n’ont pas de locaux, se réunissent dans les cafés, organisent toutes sortes de manifestations pour récolter de quoi fonctionner (le parti rembourse toutefois les billets de train aux responsables locaux lorsque les réunions nationales ont lieu en région parisienne).
Il faut décider des actions à mener, rédiger des tracts, les diffuser. Mais l’absence de moyens crée l’envie. Et l’entraide. Les retours d’expérience constituent la majeure partie de la communication entre les comités. Dis-moi comment s’est déroulée ta manifestation que j’en organise une aussi.
Ces manifestations représentent leur cÅ“ur d’activité. La critique est du coup fréquente : Olivier Besancenot et les adhérents de son parti capitaliseraient sur la misêre. Mais lui rétorque que c’est la seule personnalité de gauche ancrée dans le réel et qu’au moins, il rend visibles les conflits sociaux.
De fait, il enchaà®ne les déplacements. Chez les employés de Doux à Pleucadeuc (Morbihan), chez les ouvriers de Renault à Sandouville (Seine-Maritime)… Un modêle pour les nouveaux militants, qui multiplient donc les actions coup de poing. Tel cet appel à signer la pétition contre la privatisation de La Poste devant les établissements parisiens.
Le PS, l’ennemi honni
« Dans ces manifestations, on ne voit d’ailleurs que três rarement le Parti socialiste », témoigne Sylviane, institutrice de 46 ans qui milite à la LCR depuis 2000. Parti socialiste, le nom de l’ennemi honni est là¢ché. Officiellement, ils ne le détestent pas. Mais c’est le parti de toutes les déceptions pour nombre de militants anticapitalistes. Ils s’attendaient que Sarkozy mênent une politique qui ne leur convienne pas, moins que le PS soit à leur yeux quasiment absent des débats, ou pire qu’il continue sa lente « dérive droitiêre ».
Un ennemi qui le lui rend bien. Au PS non plus, on n’aime pas la LCR et encore moins le NPA, vers lequel se tournent davantage encore les classes populaires auxquelles il ne parvient plus à s’adresser. Pour le combattre, le Parti socialiste a mis en place un comité de surveillance de la LCR/NPA, sous l’égide du député-maire du XVIIIe arrondissement de Paris, Daniel Vaillant.
Si celui qui fut également le ministre de l’Intérieur des gouvernements Jospin n’a pas souhaité répondre aux sollicitations de Rue89, d’autres voix n’hésitent pas s’élever au sein du Parti socialiste contre cette initiative. Notamment celle de Razzy Hammadi, ancien président des jeunes socialistes et actuel secrétaire national à la riposte. Les médias l’avaient annoncé partie prenante de ce comité, or il le fustige, d’autant qu’il est ami avec le leader du parti d’extrême gauche :
« On est face à un problême sociologique quand on voit les cadres qui répondent à Besancenot. Certains dirigeants qui ont plus de vingt ans de bouteille ne font que le renforcer en l’attaquant.
Nous ne devons avoir aucun adversaire à gauche. Au lieu de ça, Besancenot profite de nos faiblesses, et notamment de la part de radicalité de notre discours que nous n’aurions jamais dà» abandonner. »
Toujours révolutionnaire et trotskiste
La mise en garde n’a visiblement pas été entendue par tous les socialistes, qui continuent à tirer à boulets rouges sur une LCR qu’il ne faudrait pas prendre au sérieux. Motif : elle se refuse à participer à un gouvernement.
C’est une « mauvaise polémique » à laquelle Pierre-François Grond, membre du bureau politique de la LCR, est habitué. En revanche, il est exact que la Ligue ne veut pas « gouverner avec le Parti socialiste aux conditions du Parti socialiste ».
Mais avant d’accéder au pouvoir, il faut un programme. Les grandes lignes sont déjà établies ; elles ressemblent fort à celles de la LCR. Il n’y a plus « révolutionnaire » dans l’appellation du parti ? Le nom était « provisoire » et « le mot révolutionnaire sera dans le programme ». On entend moins parler du renversement des classes dominantes cher à Trotsky ? Si si, « on est assez classique de ce point de vue-là . »
C’est avec ce programme que le NPA voit arriver « les militants de la LCR, mais aussi des militants du PS, des Verts et du PCF, sans compter ceux qui n’ont jamais adhéré à un parti », poursuit Pierre-François Grond.
Une minorité à la LCR, menée par Christian Piquet, voudrait cependant aller plus loin, ne pas faire du NPA qu’un mouvement qui attend les militants, mais une formation qui s’adresse directement aux autres partis de la gauche :
« Il faut aller au-delà et profiter de l’écho que nous possédons aujourd’hui pour réellement bouleverser la donne, s’adresser aux gauches du Parti socialiste, s’adresser aux gauches à l’intérieur des Verts, s’adresser au Parti communiste, s’adresser aux milliers de militants du mouvement social. »
Peu de chances toutefois de voir ce dialogue s’instaurer. Ce n’est pas la ligne d’Olivier Besancenot -en tout cas pas tant qu’il se considêre méprisé par le reste de la gauche- et il est difficile d’aller à l’encontre de celui qui représente désormais l’effigie du parti. Et qui a la légitimité pour lui. Légitimité des urnes donc, mais aussi légitimité des sondages : il est réguliêrement cité en tête des meilleurs opposants à Sarkozy.
La « Besancenot-dépendance »
Sa notoriété ne cesse de grandir dans les médias (la meilleure illustration reste son passage dans « Vivement dimanche », l’émission de Michel Drucker) comme sur le terrain politique (il se révêle être l’un des principaux bénéficiaires de la crise financiêre).
Si on préfêre généralement se féliciter à la LCR d’avoir trouvé la perle médiatique et politique, le parti pourrait toutefois pà¢tir d’une « Besancenot-dépendance ». Nsuni Met, infirmiêre de 27 ans membre de la LCR depuis un an et l’annonce de la transformation en NPA, confirme :
« Lorsque l’on prévient la presse de l’organisation d’un événement, elle conditionne toujours sa venue à la présence de Besancenot. »
Au point que les propos tenus en aoà»t 2007 à Rue89 par Alain Krivine paraissent irréalistes un an plus tard : « Il ne tient pas à être candidat [à la présidentielle, ndlr] une troisiême fois… » Un risque de personnalisation de la politique auquel le NPA devra essayer d’échapper s’il se veut pérenne, s’il n’entend pas être rapidement rebaptisé en NPB, le Nouveau parti de Besancenot.
Julien Martin | Rue89
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De l’ancien français travail « tourment, souffrance » (XIIe siècle), du bas latin (VIe siècle) tripálĭus du latin tripálĭum, « instrument de torture à trois poutres ».
Alors que penser de la "valeur travail" si chère à ce grand travailleur (8 semaines de vacances par an) qu'est Nicolas Sarkozy de Nagy-Bosca ? La torture est-elle une valeur respectable ? Apparemment, selon la droite décomplexée, il semblerait que oui.
J'sais pas vous, mais moi, ça me fait peur.
Pensée personnelle
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