Augustin LegrandLe candidat d’Europe Ecologie pourrait être poursuivi pour offense au Président, aprês une interview dans Siné Hebdo.

Três procédurier quand il s’agit d’une entreprise, d’un ex des RG, d’un média ou d’un particulier, Sarkozy de Nagy-Bosca va-t-il oser attaquer en justice un opposant politique ? C’est la question que l’on peut se poser aprês l’interview de l’Enfant de Don Quichotte Augustin Legrand, parue mercredi dans le journal satirique Siné Hebdo.

A la question de savoir ce que son engagement peut changer dans l’action politique, le tout frais candidat d’Europe Ecologie pour les régionales en Ile-de-France rétorque :

« On va réussir à  casser l’ignorance, communiquer, expliquer aux gens qu’on se fait enculer cent fois plus qu’on peut l’imaginer. C’est ça qui va pousser les gens à  l’insurrection, je vois pas comment ça va pas venir. Avec un un mec comme Sarko, tout est possible. Il est tellement con, tu te souviens des banlieues au Kà¤rcher, il est capable de faire une énorme connerie qui mette le feu aux poudres. »

« C’est ce que je pense, je ne retire rien »

« Il est tellement con… » Et voici un joli (ou moche, c’est selon) délit d’offense au président de la République, puni « d’une amende de 45 000 euros » par l’article 26 de la loi du 29 juillet 1881.

Aprês avoir demandé qu’on lui relise sa réponse, Augustin Legrand dit à  Rue89 assumer :

« C’était une interview de deux heures avec un journaliste vraiment sympathique. On se cale naturellement en fonction du journaliste que l’on a en face de soi. A la télévision, j’essaie de cadrer un peu mes propos. Mais là , ma parole était libre.

Et puis c’est ce que je pense, je ne retire rien. Sarkozy utilise bien ce mot, lui, parce qu’il doit parler comme ça dans la vie de tous les jours. Moi, c’est pareil. Je sais que je risque des emmerdes, mais ça ne me fait pas peur d’aller devant un juge pour m’expliquer. à‡a me ferait bizarre, mais ça me ferait aussi une bonne tribune politique. »

« Le délit paraà®t constitué »

L’application du délit d’offense au président de la République fait toutefois débat. L’avocat Maà®tre Eolas avait noté sur son blog qu’il « était tombé quasiment en désuétude », avant que « le procureur de la République de la Mayenne nous le ressorte du formol », lorsqu’un habitant du même département Hervé Eon avait brandi une pancarte « Casse-toi pov » con » au passage de la voiture de Nicolas Sarkozy, en aoà»t 2008 à  Laval.

Finalement condamné à  une amende de 30 euros avec sursis en premiêre instance puis en appel, il a saisi la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), aprês avoir vu rejeté son pourvoi en cassation.

Son avocate, Maà®tre Dominique Noguêres, explique à  Rue89 que le candidat d’Europe Ecologie pourrait connaà®tre le même sort que son client si des poursuites étaient engagées :

« Il peut être poursuivi. Il peut plaider que c’est dans le cadre politique d’une campagne électorale, mais il le dit três clairement et três directement, c’est public et c’est publié. L’axe de défense serait plutôt la caricature, d’autant que c’est dit dans un hebdomadaire satirique. à‡a peut toujours se plaider, mais le délit paraà®t constitué. »

Egalement contacté par Rue89, l’Elysée n’a pas (encore ? ) souhaité réagir ni indiquer si le président de la République souhaitait donner des suites aux propos de l’Enfant de Don Quichotte.

Source : Rue89

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