Un veritable révolutionnaire est guidé par l'amour… l'amour des Hommes, de la justice et de la vérité… Ernesto Guevara
«Â C’est le débat aussi que nous avons sur le droit d’auteur. Car enfin, comment pourrait-il y avoir dans notre société des zones de non-droit ? Comment peut-on réclamer en même temps que l’économie soit régulée et qu’Internet ne le soit pas ? Comment peut-on accepter que les rêgles qui s’imposent à toute la société ne s’imposent pas sur Internet ? En défendant le droit d’auteur je ne défends pas seulement la création artistique, je défends aussi l’idée que je me fais d’une société de liberté, ou la liberté de chacun est fondée sur le respect du droit des autres. C’est aussi l’avenir de notre culture que je défends. C’est l’avenir de la création. Voilà pourquoi, j’irai jusqu’au bout. » – Sarkozy 1
Ainsi qu’il leur avait promis au soir de son élection au Fouquet’s, Sarkozy de Nagy-Bosca poursuivra son combat pour défendre les intérêts des industries des médias et du divertissement. Et il ira jusqu’au bout … et l’on peut se demander si ce jusqu’au-boutisme se fera le sabre entre les dents ! Tant son obsession de régner sur les sept mers, au service de ceux qui lui assurent son pouvoir, ne semble souffrir d’aucun obstacle, fussent-ils constitués par les principes fondateurs de la démocratie – tels que la séparation des pouvoirs – par les droits les plus élémentaires d’un procês équitable – tels que la présomption d’innocence – ou les libertés les plus fondamentales – telles que la liberté d’expression et de communication2.
Or, dans l’espace de liberté que constitue Internet, s’est développée une pratique de masse : le partage hors-marché d’Å“uvres entre particuliers. D’une part, cet usage oblige les industries du divertissement à innover pour tenir compte d’une économie d’abondance fondée sur la copie et à adapter leurs modêles économiques basés au contraire sur la rareté et le contrôle des circuits de diffusion. D’autre part, ces échanges en ligne développent l’accês à la culture, à l’éducation, bref à la connaissance et favorisent même sans commune mesure la liberté d’expression. Autant d’écueils à une soumission sans condition à un quelconque pouvoir.
Face à cela, la seule solution envisageable pour l’amiral Sarkozy de Nagy-Bosca paraà®t ne pouvoir être autre que l’extermination de ces pratiques de masse par des sanctions en masse. Qu’importe si cela nécessite d’abattre toute barriêre freinant ce carnage, celui-ci sera mené à son terme, fà»t-ce au détriment de la séparation des pouvoirs, de la présomption d’innocence ou de la liberté d’expression et de communication.
C’est ainsi qu’aprês l’échec retentissant de la loi dite HADOPI, un nouveau projet de loi a été présenté le 24 juin en Conseil des ministres afin de poursuivre l’abordage jusqu’au bout !
Les assauts de Sarkozy de Nagy-Bosca contre le partage hors-marché d’Å“uvres sur Internet ne sont pas nouveaux. Il convient donc, avant d’analyser son dernier projet d’estocade, de revenir sur les diverses tentatives infructueuses de celui qui déclarait lors de ses vÅ“ux à la presse en 2006 en tant que président de l’UMP et ministre de l’intérieur : «Â il faut tà¢tonner, je ne suis pas sà»r qu’on trouvera une législation dês le premier coup, il faudra cheminer sur une nouvelle façon de légiférer sur ces questions. »3.
Premier échec : DADVSI
L’ouverture des hostilités a profité de la transposition de la directive européenne sur le copyright – EUCD – dans la loi sur le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information – DADVSI – en 2005. La directive imposait la protection légale des mesures techniques de protection – ou DRM. Mais ces véritables menottes techniques contrôlant les usages ont peu à peu été abandonnées par l’industrie musicale, juste aprês l’adoption de la loi DADVSI en 2006, devant les multiples problêmes occasionnés pour les consommateurs.
Mais au cours de la loi DADVSI, le gouvernement français a été au-delà des obligations de transposition en cédant aux pressions de l’industrie du divertissement pour tenter d’une part d’interdire les logiciels de peer-to-peer – P2P ou pair à pair – et d’appliquer des sanctions spécifiques à même d’endiguer en masse le partage hors-marché d’Å“uvres en ligne d’autre part. Le concept de «Â riposte graduée », dont la paternité a été attribuée au principal lobby du cinéma4, a tout d’abord été introduit à la dérobée à la veille des débats, par un amendement du gouvernement de 7 pages5. Celui-ci, dénoncé par certains députés comme décrétant des pouvoirs de police privée aux lobbies du divertissement6, sera finalement abandonné au profit de contraventions de 1re et 2e classes pour les téléchargements et mises à disposition illégales en ligne.
Cependant, cette velléité de sanctionner par la voie réglementaire sera déclarée inconstitutionnelle par le Conseil constitutionnel, estimant qu’elle ne respectait pas le principe d’égalité devant la loi7.
Nicolas Sarkozy, alors capitaine du navire UMP, s’était personnellement engagé8 dans la défense de ces mesures répressives envers le partage hors-marché d’Å“uvres en ligne. Sous l’impulsion des lobbies de l’industrie du divertissement, le capitaine Sarkozy et son lieutenant Frédéric Lefebvre9 avaient su remettre au pas leur équipage de députés de la majorité, malgré les réticences de certains, pour que la loi soit votée par une courte majorité… et finalement censurée par le Conseil des Sages. Entre temps, il aura catégoriquement refusé un amendement, pourtant voté par l’Assemblée nationale, préparant la voie à une solution de financement mutualisé de la création culturelle : la licence globale envers laquelle le capitaine Sarkozy n’a jamais caché son opposition10.
Au sortir de cette premiêre bataille navale, le partage hors-marché d’Å“uvres en ligne relevait toujours du délit de contrefaçon, passible de 300 000 € d’amende et de 3 ans de prison – voire 500 000 € et 5 ans de prison en bande organisée – des armes trop lourdes et des peines inapplicables pour d’attaquer aveuglément à une pratique de masse.
Nouvel échec retentissant : HADOPI
Ainsi, dês son élection à la présidence de la République en 2007, l’amiral Sarkozy s’est attelé à préparer un nouvel assaut en confiant une mission à l’un de ses commanditaires : le patron de la FNAC, Denis Olivennes. L’abordage aboutira au vote de la loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur Internet, dite HADOPI du nom de l’autorité administrative – la Haute Autorité pour la diffusion des Å“uvres et la protection des droits sur internet – créée par cette loi. Cette Haute autorité se voit ainsi confier la mise en Å“uvre de la riposte graduée : sur saisine des représentants et lobbies de l’industrie du divertissement ayant repéré un partage hors-marché en ligne d’Å“uvre numérique, la Hadopi a le pouvoir de requérir des fournisseurs d’accês à Internet qu’ils fournissent les coordonnées du présumé coupable afin de lui envoyer un premier avertissement par courriel, puis un second par lettre recommandée s’il est suspecté de récidive et enfin d’ordonner la suspension de sa connexion Internet pour une durée pouvant aller jusqu’à un an, avec interdiction de souscrire un nouvel abonnement auprês de tout fournisseur durant cette période.
Confier à une autorité administrative un tel pouvoir de sanction aurait effectivement permis une répression quasi automatique, seule à même d’éradiquer une pratique de masse. Mais il aurait fallu alors abandonner les principes fondamentaux fondant une société démocratique. C’est le sens de la décision du Conseil constitutionnel ayant bloqué ce qu’on ne peut qualifier que de flibusterie, étant donné les valeurs que les promoteurs de la loi HADOPI s’apprêtaient à sacrifier. En effet, de l’avis des commentateurs constitutionnalistes, la décision des Sages a été particuliêrement implacable. Ceux-ci ont dénoncé et sanctionné l’atteinte au principe de séparation des pouvoirs de confier à une autorité administrative le pouvoir d’infliger des sanctions privatives de droits et libertés constitutionnellement garantis11, en l’occurence l’une des libertés les plus précieuses : la liberté d’expression et de communication12. En outre, ils ont pointé du bout de l’épée la présomption de cupalbilité pesant sur les internautes accusés hà¢tivement de ne pas avoir sécurisé leur accês Internet13. Cerise sur le gà¢teau, l’accês à Internet a été jugé par les Sages corrélatif à la liberté d’expression et de communication constitutionnellement garantie14.
La responsabilité de Sarkozy de Nagy-Bosca dans cette entreprise de flibusterie sans foi ni loi est incontestable. Outre ses diverses déclarations réaffirmant son attachement à cette loi inconstitutionnelle15, il faut mettre au crédit de l’amiral Sarkozy le blocage d’un ensemble de directives européennes censées réguler le secteur des télécommunications16, au motif que le Parlement européen y a adopté un amendement17 réaffirmant les principes fondamentaux que la loi HADOPI tentait de mettre à mort. On notera également que durant les débats sur la loi HADOPI, toute proposition alternative de financement de la création, telle que la contribution créative, aura été précipitamment rejetée et même refusée d’être débattue. Comme si le sujet était tabou, l’heure étant à la répression18.
à l’issue de ce nouveau naufrage, ce qui devait être l’arme fatale contre le partage hors-marché d’Å“uvres en ligne – la Haute Autorité pour la diffusion des Å“uvres et la protection des droits sur internet – se résume à une machine à envoyer des avertissements, sans autre menace que des poursuites pénales pour contrefaçon, que l’on sait inadaptées pour des sanctions se voulant massives.
Le nouveau plan d’attaque : HADOPI 2, le retour de la vengeance du corsaire masqué
La loi HADOPI démembrée, il fallait donc lui adjoindre jambe de bois et crochet ! C’est ainsi que le projet de loi relatif à la protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur Internet – ou HADOPI 2 – a été présenté en Conseil des ministres le 24 juin 2009. Ayant montré que l’entreprise de piraterie a jusqu’ici consisté dans des tentatives de sanctions aveugles et massives, abordons maintenant l’analyse de ce nouveau plan d’attaque s’efforçant de porter plusieurs bottes successives : Le corsaire Sarkozy et les trous dans la coque de l’«Â HADOPI 2 ».
Source : La quadrature du net
Imprimer cet article
De l’ancien français travail « tourment, souffrance » (XIIe siècle), du bas latin (VIe siècle) tripálĭus du latin tripálĭum, « instrument de torture à trois poutres ».
Alors que penser de la "valeur travail" si chère à ce grand travailleur (8 semaines de vacances par an) qu'est Nicolas Sarkozy de Nagy-Bosca ? La torture est-elle une valeur respectable ? Apparemment, selon la droite décomplexée (l'extrême droite, en fait, l'UMP ayant depuis longtemps "choisi" son camp), il semblerait que oui.
J'sais pas vous, mais moi, ça me fait peur.
Pensée personnelle
Laisser une réponse