Un veritable révolutionnaire est guidé par l'amour… l'amour des Hommes, de la justice et de la vérité… Ernesto Guevara
Quand une chanson puise son inspiration dans le malaise des bas-fonds
Ca devient de l’information, mais l’information n’est bonne
Que quand elle sert les intérêts de Babylone
C’est le duel du fond sur la forme
Du crayon sur la gomme, de l’enfant face aux hommes
Alors (…) je donne une vision aiguisée qui n’a un sens
Que si l’on avance en suivant le balancement de chaque son qui danse…
La large discographie d’Assassin, qui s’étale sur plus de dix années et a sans doute atteint son paroxysme lors des années 1995-1996 autour de la sortie du mémorable L’homicide volontaire, représente sans conteste – malgré le decrescendo assez déplorable des derniêres années – l’une des plus respectables et passionnantes qui soient dans la musique contestataire française des années 1990. Fin 2004, Assassin Productions nous propose une sorte de best of de son groupe phare, mais à partir des titres parus sur des maxis, compilations et autres bandes originales de film. Quinze titres qui retracent chronologiquement treize années de textes coups de poing et révoltés, dont beaucoup forcent le respect au vue d’un projet artistique et “politique” qui présente une cohérence implacable – même si le virage effectué par Rockin’Squat (seul membre du groupe à partir de 1996) ces derniêres années a pu décevoir le public originel d’Assassin.
S’ouvrant sur La formule secrête, premier enregistrement du groupe (compilation Rapattitude, 1989), Perles rares laisse une large part à l’explosivité agressive et urgente du début des années 1990 autour de la formation initiale d’Assassin (Rockin’Squat, Solo, Doctor L et DJ Clyde) : rap punk sauvage aux textes déblatérés à toute vitesse, ou Solo et Squat se renvoient la balle dans des couplets survoltés, donnant sa vraie valeur au terme de hardcore, notamment dans l’effroyable remix de A qui l’histoire ?, brà»lot centré sur l’un des leitmotiv d’Assassin à l’époque du Futur que nous réserve-t-il ? – le systême scolaire et ses déboires. Il ne faudrait pas se tromper sur ce qu’on pourrait a posteriori juger “naïf” ou “adolescent” : les textes d’Assassin conservent une actualité évidente.
Actualité évidente, et non cantonnée au domaine politique ou revendicatif : par le chef d’oeuvre Paris Zoo – sorte de conte sociologique magistralement mené – Rockin’Squat pare en effet la chanson à texte d’un de ses plus beaux bijoux :
Tu ne me comprends pas, normal tu ne voles pas
Tu restes aigri en bas mais moi le zoo ne m’aura pas
J’observe le serpent dans ses déplacements
Cette étape me permet à chaque tournant
De savoir quel mouvement entreprendre quand vient le temps des paradoxes…
L’information est une intox
Les gosses deviennent vite des cafards quand comme sucettes ils lêchent des crosses
En mariant une maà®trise formelle impressionnante à une plume alors au sommet de son art, Rockin’Squat affirme ainsi dans les maxis qui suivent L’homicide volontaire une écriture riche et autoritaire, qu’elle soit obscure et poétique (Paris Zoo, Le témoin), didactique (le cours de contre-culture délivré par Clef de sous-sol, Ou va se diriger ton stylo ?) ou offensive (Shoota Babylone). Offensif comme les deux morceaux réalisés dans les années qui suivent en duo avec Supernatural et les Poor Righteous Teachers, tous deux également mémorables. On appréciera enfin tout particuliêrement L’à®le de l’inconscient et Autre dimension, notamment ce dernier titre qui, au sein de la compilation Sachons dire non, constituait un véritable distributeur de fessées contre le tir à boulets rouges sur le seul Front National lorsqu’il s’agit de parler de racisme : en 4 minutes, Squat offre un petit pamphlet acide, bien mené, et implacable.
Perles rares constitue sans doute une excellente porte d’entrée pour qui voudrait découvrir Assassin – bien meilleure porte d’entrée que le dernier album du groupe ou son disque live – et saura rappeler aux déçus combien ce groupe de rap a apporté à la musique révoltée et intelligente française. Fermé par la superbe voix de Lyricson sur Straight to the top, ce disque constituerait ainsi, s’il est bien le dernier signé du groupe, un requiem à la hauteur pour Assassin.
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De l’ancien français travail « tourment, souffrance » (XIIe siècle), du bas latin (VIe siècle) tripálĭus du latin tripálĭum, « instrument de torture à trois poutres ».
Alors que penser de la "valeur travail" si chère à ce grand travailleur (8 semaines de vacances par an) qu'est Nicolas Sarkozy de Nagy-Bosca ? La torture est-elle une valeur respectable ? Apparemment, selon la droite décomplexée (l'extrême droite, en fait, l'UMP ayant depuis longtemps "choisi" son camp), il semblerait que oui.
J'sais pas vous, mais moi, ça me fait peur.
Pensée personnelle
Franck
21 octobre 2008 à 17:18
Très bon cet album, vraiment…
ça motive pour la lutte.