fakir logo 150x82 Fakir, une feuille de chou qui piqueLe journal Fakir, édité par le journaliste d’Amiens François Ruffin, sort de sa Picardie pour être diffusé en kiosque dans toute la France. Ca ne pouvait pas laisser indifférent la classe politique.

ELECTIONS EUROPà‰ENNES : L’ELYSà‰E ENVISAGE D’INTERDIRE LE JOURNAL FAKIR
On ne peut pas laisser une feuille de chou négationniste mettre à  mal le pacte républicain. Nous allons faire en sorte de faire cesser cet affront à  la Nation“. L’objet du courroux de Sarkozy ? Le journal Fakir.

Alors que la campagne pour les élections Européennes se déroule dans une salutaire confidentialité, la pravda picarde menace le consensus démocratique, en sortant une édition nationale entiêrement consacrée à  l’Union Européenne. Un numéro qui affiche comme objectif de « punir (…) l’UMP, le Modem, les Verts, le PS », tous accusés dans un éditorial infamant d’avoir trahi le vote du peuple en ratifiant le traité de Lisbonne. Des accusations qui fleurent bon « le populisme des années 30 » comme le regrette le socialiste Vincent Peillon.

Et c’est l’ensemble de la classe politique qui monte aux créneaux, regrettant les basses attaques que doit essuyer l’Europe dans ce « torchon populiste » comme le surnomme François Bayrou. « Les Français ont approuvé à  une três large majorité le traité de Lisbonne via le congrês, il est inadmissible de réécrire l’histoire en montant le peuple contre ses élites et en ressuscitant le fantasme de la lutte des classes » tonne le Parti Socialiste dans un communiqué. Il est vrai qu’il peut paraà®tre inconscient de rouvrir les vieilles blessures du passé, à  l’heure ou la réconciliation nationale se met en Å“uvre. Car de la division de la gauche de gauche à  la reddition d’anciens nonistes, la France semblait aborder cette campagne européenne avec le calme d’une démocratie moderne qui ne craint plus la réforme.

Malheureusement, l’équipe de Fakir, non contente de mettre de l’huile sur le feu social, développe aussi des thêses révisionnistes insupportables qui posent la question de la liberté de la presse. Ces pseudos journalistes vomissent à  longueur de pages la « propagande d’une Europe » comme symbole de « paix et de prospérité » et laisse libre cours à  leur ridicule paranoïa, dénonçant l’hydre d’une Union Européenne bà¢tie sur le dos des peuples, faite pour les banquiers par les banquiers et pilotée par les lobbys industriels. Comme si « la liberté de circulation des marchandises et des capitaux » n’étaient pas un préalable nécessaire au bonheur des peuples. En outre, le journal est truffé de parallêles démagogiques entre l’économie libérale prônée par l’Union et la crise financiêre qui frappe le monde.

Devinez lequel je vais vous mettre
Par ailleurs, l’arrivée de Fakir sur le marché de la presse nationale n’est pas faite pour réjouir les grandes enseignes traditionnelles. Car de Libération au Figaro, en passant par l’Express ou Marianne, on réprouve les méthodes utilisées par Fakir. Ainsi, Laurent Joffrin s’indigne de voir des « peigne-culs violer les grands principes constitutionnels. Ils font des enquêtes, vont sur le terrain, recoupent les informations, étayent leurs propos. Bref ils ne respectent aucune des normes en vigueur dans les grands journaux français. Ils enfreignent les lois de la concurrence libre et non faussée. C’est un véritable dumping intellectuel! » Parole d’expert. De plus, Fakir ne rend de compte à  aucun actionnaire majoritaire et n’inonde pas ses pages de publicités. Autant d’entraves à  «l ‘économie sociale de marché hautement compétitive. »

Conférence de rédaction à  Fakir
Devant cette levée de boucliers, le gouvernement envisagerait de légiférer pour prévenir tout futur dérapage. Ainsi, à  l’image de ce qui a été fait pour le drapeau et l’hymne Français, François Fillon voudrait créer un délit d’outrage à  l’Union Européenne et aux valeurs ultra-libérales. Cependant, le gouvernement, qui hésite encore à  en passer par la loi par peur d’apparaà®tre comme le censeur, pourrait être devancé par la justice anti-terroriste. En effet, Michêle Alliot-Marie annonçait ce soir l’ouverture d’une enquête pour terrorisme à  l’encontre de la rédaction de Fakir : on soupçonnerait le journal d’appartenir à  la mouvance d’ultra-gauche journalistico-autonome. D’aprês la ministre de l’Intérieur, « les preuves matérielles s’accumulent autour de la secte Fakir. Beaucoup d’entre-eux se déplacent en train, et je viens d’apprendre à  l’instant que Julien Coupat avait souscrit un abonnement. »

Source : Marianne

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