bugaled-breizhLe festival de la mer est pour beaucoup de Bretons qui pensent au naufrage du Bugaled Breizh, le festival de l’amer. Rappelons que ce chalutier de Loctudy a coulé le 15 janvier 2004 de façon officiellement inexpliquée entraà®nant la mort de ses cinq marins dont les corps n’ont pas été retrouvés. L’écrivain Yann Queffélec sort un prochain ouvrage qui sera un docu-fiction consacré au naufrage du chalutier bigouden. Présent aux “Rencontres avec la mer” le week end des 25-26 avril, l’auteur des Noces barbares a déclaré souffrir avec les Bretons.

“Je souffre avec les marins bretons lorsqu’on leur fait du mal”, déclare Yann Queffélec qui rejette la thêse officielle servie par les gouvernements européens pour expliquer le drame du 15 janvier 2004. L’écrivain est persuadé que c’est bien un sous-marin qui a coulé le chalutier. Du reste, c’était aussi la conviction du juge d’instruction.

C’est aprês avoir rencontré Thierry Le Métayer, le fils du mécanicien du Bugaled Breizh que Yann Queffélec a souhaité ardemment, comme il dit, “venir au secours d’une vérité”. Mais son ouvrage n’apporte pas de preuves ni de faits nouveaux. Il s’agit avant tout d’une fiction, “une fiction pour venir au secours d’une vérité qui ne veut pas se dire”, précise-t-il au journaliste Le Télégramme.

Il est persuadé comme la plupart de personnes touchées de prês ou de loin par ce drame, qu’il y a complot sur la maniêre officielle de présenter les faits. Rappelons que quelques heures aprês le naufrage, un communiqué de la préfecture maritime de l’Atlantique annonçait qu’un exercice militaire sous-marin de l’OTAN avait lieu autour de la zone du naufrage. Plusieurs sous-marins sont susceptibles d’être la cause de l’envoi par le fond du chalutier breton : le sous-marin néerlandais Dolfjin, le sous-marin britannique HMS Turbulent et, peut-être sous-marin allemand U22 ainsi que d’autres sous-marins plus loin.

Le juge d’instruction envisagea également la présence d’un sous-marin inconnu venu espionner l’exercice de l’OTAN. Ce même magistrat, le 28 juin 2007, avançait comme “la plus plausible” la thêse de l’accrochage avec un sous-marin. Mais que pêse la conviction d’un juge d’instruction face à  la raison d’Etat ? Michel Kermarrec, l’avocat du propriétaire du Bugaled parle d’une conspiration du silence de la part des élus et gouvernements européens et remercie l’écrivain de mettre sa plume au service de cette cause qu’en haut lieu on voudrait classée à  tout jamais. Car l’avocat ne cache pas son impuissance face à  un intouchable secret défense contre lequel même la justice rendue “au nom du peuple français” ne peut rien. Il salue d’autant plus l’initiative de Yann Queffélec car, selon lui, seule un mouvement populaire pourrait espérer d’avancer sur le chemin de la vérité. Selon lui, “ce droit à  la vérité devient une valeur sociale”.

L’affaire s’avêre être la plus coà»teuse de l’histoire. Ces cinq années d’enquêtes, d’études, de simulations, ainsi que le renflouement du bateau ont coà»té une fortune à  l’à‰tat français, ce qui peut amener à  s’interroger sur les motivations de ce dernier : établir la vérité ou mettre des moyens importants en branle pour s’assurer qu’elle ne refasse pas surface -c’est le cas de le dire – ? Evidemment, si la responsabilité de l’Etat venait à  être prouvée, la facture serait encore plus lourde pour ce dernier, contraint à  indemniser les familles des victimes. Ce qui ne serait que justice.

Alors que les familles des victimes reprochent aux autorités d’entraver l’enquête judiciaire en falsifiant et en dissimulant des documents, et dénoncent le manque de coopération des autorités britanniques et allemandes, une plainte contre X pour entrave à  l’enquête a été déposée en janvier 2007 et seule une mobilisation forte peut permettre de garder espoir pour que, dans cette histoire non élucidée, les causes du drame ne soient pas étouffées.

A lire : http://www.bugaledbreizh.com/

Source : Agoravox

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