Hilarant article dans la Pravda Sarkozyste : “La main de l’extrême-gauche“, rien moins. Ou il est dit en substance qu’on est pas omniscients, mais pas loin. Détaillons la chose, c’est croquignolet :

“Qui se cache derriêre les meneurs des grêves et les salariés qui séquestrent les patrons ? Agissent-ils seuls, poussés par le désespoir de voir une vie de travail partir en fumée ? Ou sont-ils instrumentalisés pour engendrer le chaos ? Nombre d’observateurs estiment que ces débordements volontairement médiatisés portent la signature de l’extrême gauche.”

(En effet, penser que le prolo puisse prendre de lui-même l’initiative de séquestrer le DRH semble hautement suspicieux pour les auteurs – qui ont quand même dà» s’y mettre à  trois pour rédiger ce brouet, l’effort intellectuel exigé pour pondre aussi audacieuse hypothêse ayant dà» dépasser la capacité moyenne du journaliste figaresque moyen -, partant, ne seraient-ils pas manipulés par d’obscures officines agissant souterrainement dans une opacité inquiétante ? Brr…).

«C’est un secret de polichinelle que de dire que les meneurs de la fronde des Continental à  Clairoix sont encartés chez LO», dénonce un dirigeant de la CFDT. «Les militants du NPA sont partout ou il y a de la misêre et la peur de l’avenir, abonde un autre de la CGT. Ils jouent sur les craintes des gens, comblent un vide politique ou syndical, et soutiennent tous ceux qui sont en lutte. Dês qu’il y a deux grévistes dans une entreprise, ils débarquent.»

Heureusement, de braves et gentils syndicalistes – des gens três raisonnables qui veulent s’asseoir à  des tables de négociations pour discuter calmement, pas comme certains n’est-ce pas…- balancent les affreux gauchistes : il y a bel et bien des troskystes, non seulement aux abords des usines, mais pis : certains travaillent même dedans ! Gasp ! L’angoisse monte tout de suite d’un cran, mais on va le voir, le cauchemar ne fait que commencer…

“Un commissaire de police três au fait des questions sociales est formel : «Les salariés qui dégradent leurs usines et qui intimident leur hiérarchie cêdent évidemment à  une sorte d’emballement collectif.» Selon lui, «les images de séquestrations de patrons qui tournent en boucle à  la télé ont pour effet de banaliser cette pratique». L’un de ses collêgues de province ajoute : «Il est difficile d’apporter la preuve irréfutable que des organisations subversives sont à  l’origine du durcissement des mouvements engagés. Mais ce qui est certain, c’est que des agitateurs de tout poil tentent de profiter du climat et s’activent en coulisse, dans les milieux de la gauche trotskiste notamment.”

Ce passage pose évidemment toutes sortes de questions, surtout à  nous : on est pas encore arrivés à  complêtement laver le cerveau des ouvriers, et ils sont encore capable de prendre des initiatives par eux-mêmes, c’est ennuyeux. Nos techniques sont pourtant três au point, depuis le temps, mais, peste ! il y a encore du boulot à  fournir avant que de disposer de cette armée de zombies obéissants dont nous rêvons. Fort heureusement, notre parfaite absence de scrupules et nos talents de manipulateurs cyniques et amoraux suppléent efficacement à  ces lacunes :

“le noyautage des syndicats traditionnels est pourtant déjà  une vieille tradition. «Les centrales territoriales sont três infiltrées, assure ainsi un représentant patronal. Il y a de l’entrisme actuellement dans les syndicats d’extrême gauche qui tentent de radicaliser les mouvements.» Ce que confirme un cadre de la CGT. «Ils nous collent sur le terrain dans tous les conflits, reconnaà®t-il. Ils essayent de peser sur ce qu’on dit et ce qu’on fait.”

Mine de rien, cet extrait nous pose de graves question d’ordre tactiques : il semblerait bel et bien que nous soyons repérés. Ce qui est incompréhensible, nos militants accomplissant un travail de sape de façon parfaitement invisible au sein des syndicats, des erreurs ont dà» être commises. Peut-être est-ce parce que ils agissent à  visage découvert en ne faisant pas mystêre de leur appartenance politique et que tout le monde sait qui ils sont depuis des décennies, ah, oui, c’est peut-être pour ça en effet…

“Il n’y a qu’un seul syndicat ou l’extrême gauche n’a pas besoin de faire d’entrisme pour influencer les décisions. Il s’agit de la galaxie des centrales SUD, regroupées sous la banniêre Solidaires. Olivier Besancenot n’a-t-il d’ailleurs pas sa carte à  SUD-PTT ?”

Ouf, SUD est entiêrement sous notre contrôle et c’est heureux. D’ailleurs, c’est OB le chef de SUD, allez, on peut bien le dire maintenant, d’ailleurs c’est le seul et unique Chef de tout, nous on se contente d’obéir aveuglément au Maà®tre. Et c’est três bien comme ça.

Cela dit, on est bien aidés, quand même, puisque figurez vous qu’on “profite des «erreurs de communication» de quelques directions d’usine. Celles de Continental à  Clairoix ou de Caterpillar à  Grenoble reconnaissent en avoir commis. La direction de Clairoix a ainsi démenti énergiquement pendant plus d’une semaine les rumeurs de fermeture du site.”

(Comme quoi on apprend des choses, en lisant le Figaro : les directions n’ont commis que des «erreurs de communication», quand vous et moi pensions bêtement qu’il s’agissait de questions économiques et politiques, benêts que nous sommes. Comme quoi, on est pas si malins que ça, non plus, hein…)

Bref.
Les troskyss‘ sont rigoureusement partout.
Ils disposent même “d’agents dormants” (spécialement entraà®nés dans nos centres de Caracas et Pyongyang).
Ils sont fourbes.
Ils sont fous.
Ils sont cruels.
Ils sont três intelligents et organisés.
Ils sont des nez crochus et ourdissent des complots pour dominer le monde, d’ailleurs ils…

Ah non, excusez, ça, c’est une autre minorité qu’on accuse de façon récurrente des même travers que nous dans cet article, c’est d’ailleurs frappant, quand on regarde, les arguments sont rigoureusement les mêmes. Cachés, dissimulés, sournois, efficaces, omniprésents mais três discrets…Pareil, c’en est troublant. à moins qu’ils ne s’agisse des même termes toujours employés pour désigner d’avance de commodes coupables, historie de justifier par la suite ce qu’on va leur faire subir, la technique est assez bien rodée de ce point de vue.

N’empêche.

Nous sommes décidément partout.

Ta boulangêre ? C’en est une.

L’infirmier qui soigne ta maman malade ? Il est des nôtres.

L’ouvreuse de cinéma ? N’as tu pas vu la lueur de fanatisme quand elle t’a vendu ton billet pour “Coco” ?

Ton collêgue dans l’open space ? Regarde discrêtement quels sites il consulte, tu pourrais être surpris…

Quant à  ton facteur…on s’est compris.

Alors le soir, avant de t’endormir en faisant tes priêres au petit Jésus, regarde bien sous ton lit.

Il y a peut-être un trotskyste planqué dessous.

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