Un veritable révolutionnaire est guidé par l'amour… l'amour des Hommes, de la justice et de la vérité… Ernesto Guevara
Perquisitions, confidences de ses proches… La police s’est focalisée sur Julien Coupat. Sans obtenir de preuves.
«Julien, il croit à la révolution. Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Qu’est-ce qu’on peut faire ? On a chacun notre petite croix…» C’est ce que confiait la mêre de Julien Coupat à une amie, en aoà»t. Ses paroles figurent au dossier d’instruction de l’affaire des sabotages des lignes TGV. Confidence enregistrée et retranscrite par un policier attentif, comme dans le film La vie des autres. L’enquête sur Julien Coupat regorge de ces intrusions. Tout a commencé en avril 2008. Par un soupçon encore formulé au conditionnel. «Il existerait sur le territoire national une structure clandestine anarcho-autonome entretenant des relations conspiratives à l’étranger et projetant de commettre des actions violentes dans le but de troubler gravement l’ordre public», dénonçait la direction centrale du renseignement intérieure (DCRI). Coupat en était «le leader». Les «bases logistiques» étaient à Tarnac, en Corrêze, là ou Coupat et ses amis avaient acheté en 2005, avec l’aide de leurs parents, le domaine agricole du Goutailloux. «Il y avait de la remise en état de bà¢timents et des terres agricoles qui étaient à l’abandon, explique à la police Benjamin Rosoux, chargé de l’épicerie. A l’été 2008, nous avons fait dessoucher mécaniquement 4 hectares de terres, une ancienne plantation de sapins. Il fallait des petites mains pour dépierrer ces terres avant d’y planter du seigle.»
Le témoin «42». A l’été 2008 justement, la sous-direction antiterroriste était déjà à pied d’Å“uvre autour de la «base logistique». Des photos sont prises au téléobjectif. Et deux caméras, installées dans les arbres, filment les allées et venues dans les chemins. Des visages s’impriment. Les policiers veulent donner consistance à la «structure clandestine» qu’on leur a dénoncée. Jusqu’au 11 novembre, ils ne trouvent rien, hormis la participation de Coupat à deux manifestations, l’une à Paris, contre le fichier Edvige, l’autre à Vichy, contre le sommet européen sur l’immigration. Mais ils suivent Coupat et son amie Yildune Lévy à proximité d’une voie de TGV, sabotée dans la nuit du 7 au 8 novembre.
Au plus haut niveau du ministêre de l’Intérieur, la décision est prise d’opérer en grand. Michêle Alliot-Marie annonce elle-même le raid policier sur le Goutailloux. Mais là encore, aucun élément matériel probant. Pas l’ombre d’une arme, pas même un plan d’action. En garde à vue, Julien Coupat, 34 ans, diplômé d’école de commerce, l’Essec, devenu doctorant en histoire de la pensée, ne là¢che que quelques mots : «Je récuse ce type de procédure d’exception tant policiêre que judiciaire dont l’antiterrorisme est le paravent. C’est dans sa nature même d’avoir déjà répondu aux questions.» Il refuse d’en dire plus.
A côté, Yildune Lévy, 25 ans, ne parle pas beaucoup plus. «Je ne comprends pas ce qui m’est reproché, ni même la qualification terroriste des faits.» Puis elle dit seulement : «Pas mentir, pas semblant.» Elle demande à dormir. Questionnée sur sa relation avec Julien Coupat, elle répond : «Couleur.» Unique élément retrouvé dans l’ordinateur d’Yildune, une recette de fabrication d’explosifs, comme on en trouve sur Internet. Le couple est mis en examen et écroué, avec sept autres jeunes de Tarnac, pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste».
Pour muscler le dossier, déjà fragile, les policiers antiterroristes introduisent un témoin sous X, «42». L’anonyme assure que Julien Coupat, qui a animé la revue Tiqqun,«souhaite le renversement de l’Etat». Il aurait constitué autour de lui un groupe dénommé Comité invisible sous section du parti imaginaire, auteur collectif du livre l’Insurrection qui vient.«Les plus proches de Coupat se réunissent à la ferme de Goutailloux afin d’expérimenter une logique de territoire, c’est-à -dire la pseudo-acquisition de savoir-faire agricoles et artisanaux», assure «42». Le témoin mentionne un autre texte collectif, L’appel, issu de plusieurs réseaux, qui préfigure, selon lui, l’Insurrection. «Au cours de l’été 2007, une réunion de l’ensemble du réseau, 45 personnes environ, a lieu à la ferme. L’Insurrection qui vient est finalisée. A partir de là , le groupe constitué autour de Julien Coupat s’est complêtement refermé sur lui-même.» C’est donc le témoin «42» qui oriente l’enquête judiciaire sur le livre. Le groupe des jeunes intellectuels néosituationnistes (lire page 4) de Tiqqun est un peu connu. Dans un entretien à la revue Vacarme, le philosophe Giorgio Agamben, définit Tiqqun comme «une revue extrêmement critique, três politique, qui prend un ton três messianique, mais toujours de maniêre complêtement profane». S’ils nourrissent une pensée antipouvoirs, Coupat et ses amis ne sont pas clandestins. Ni vraiment marginaux. Julien Coupat reçoit chaque mois 1 000 euros d’une société immobiliêre de son pêre, qui lui prête appartement et voiture.
«Support idéologique». Reste le livre. L’Insurrection qui vient est en librairie. «Il y est ouvertement fait l’apologie des modes de sabotages propres à finaliser la chute de l’Etat, relêvent les policiers. Sont citées les lignes TGV.» Benjamin Rosoux dit aux policiers que ce livre est «une espêce de portrait de la société actuelle» et que Tiqqun publie des ouvrages de «philosophie critique». Le juge, Thierry Fragnoli, télécharge l’Insurrection sur le site des éditions La Fabrique et le verse au dossier. Aux policiers d’identifier l’auteur. «D’aprês ce que j’en sais c’est un ouvrage collectif, leur répond Rosoux. Aucun auteur n’a voulu le revendiquer, parce que la pensée, c’est collectif.» Devant le juge, Coupat transforme en alibi l’omniprésence des policiers en filature derriêre sa voiture, la nuit des sabotages. «Ce ne serait qu’une suite de malheureux hasards ?» ironise le juge. «C’est une hypothêse qui est battue en brêche par le fait que ces actions ont été revendiquées [en Allemagne, ndlr]», répond Coupat. «Qui est l’auteur principal de l’Insurrection qui vient ?» insiste le juge. «Je ne suis pas l’auteur de ce livre», répond le militant. Le magistrat imagine une concordance de dates entre les épisodes révolutionnaires mentionnés dans le livre avec celle de l’action sur les caténaires. «Construction intellectuelle !» rétorque Coupat. Fragnoli voit dans l’Insurrection«le support idéologique justifiant des actes de sabotage ou de violences pouvant s’assimiler à de l’intimidation».«Il me paraà®t inenvisageable de parler d’idées dans le cadre d’une procédure antiterroriste», tranche Coupat. «Il n’y a pas d’”affaire de Tarnac” pas plus que d’”affaire Coupat”, ou d’”affaire Hazan” [l'éditeur de l'Insurrection]», a-t-il dit au Monde, mardi.
Source : Libération
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De l’ancien français travail « tourment, souffrance » (XIIe siècle), du bas latin (VIe siècle) tripálĭus du latin tripálĭum, « instrument de torture à trois poutres ».
Alors que penser de la "valeur travail" si chère à ce grand travailleur (8 semaines de vacances par an) qu'est Nicolas Sarkozy de Nagy-Bosca ? La torture est-elle une valeur respectable ? Apparemment, selon la droite décomplexée (l'extrême droite, en fait, l'UMP ayant depuis longtemps "choisi" son camp), il semblerait que oui.
J'sais pas vous, mais moi, ça me fait peur.
Pensée personnelle
jean pierre
29 mai 2009 à 9:59
Dénoncer l’arrestation, puis l’incarcération inadmissible OK
par contre hisser COUPAT au rang de grand penseur du 21 ème siècle pas d’ac
Je ne suis pas mao mais je partage assez l’analyse de l’article paru sur front rouhe
“Julien Coupat, fondateur du Comité invisible, a longuement répondu à des questions posées par un grand quotidien bourgeois. L’ensemble est un bavardage pompeux, prétentieux et incompréhensible d’un intellectuel bourgeois qui, à l’évidence, a beaucoup d’admiration pour lui-même. Cette interview écrite reprend d’ailleurs les codes typiques d’une discussion bourgeoise, où les interlocuteurs essaient de s’impressionner mutuellement en étalant leurs références culturelles
, comme le fait ici Coupat.
Ce n’est pas tant le fait que Coupat soit bourgeois qui importe mais son incapacité idéologique à se mettre au service du peuple. C’est simple, Coupat ne voit même pas le prolétariat, il n’en parle jamais, tout occupé qu’il est à se complaire dans sa culture. Tout au plus oppose-t-il une “une élite impériale de citoyens et des masses plébéiennes tenues en marge de toutâ€. Lorsqu’on lui rappelle qu’il vient d’un milieu très aisé, il dit même (citant Hegel): “Il y a de la plèbe dans toutes les classesâ€.
Le plèbe, ce mot typiquement grand bourgeois pour désigner les masses populaires.
Le fondateur du Comité invisible est donc au service de lui-même, de son discours délibérément obscur car ne voulant pas compromettre à son auteur une voie de sortie littéraire, dans ce pays, la France, qui respecte tellement le verbe creux du moment qu’il est recouvert d’un vernis “artistiqueâ€.
Quelques idées émergent quand même de ce long exposé d’intellectuel égocentrique et suffisent à en dire long sur l’idéologie contre-révolutionnaire qui anime le comité invisible. Tout d’abord, le texte est marqué par une approche profondément anticommuniste, il utilise le terme “stalinien†de manière péjorative et parle de “grisaille soviétique†à propos du NPA, ce qui déjà en soi montre que le fondateur du Comité invisible est totalement à côté de la plaque.
Ce rejet du communisme explique la fascination pour “la rueâ€, notion abstraite niant la lutte de classes.
“La seule force qui soit à même de faire pièce au gang sarkozyste, son seul ennemi réel dans ce pays, c’est la rue, la rue et ses vieux penchants révolutionnaires. Elle seule, en fait, dans les émeutes qui ont suivi le second tour du rituel plébiscitaire de mai 2007, a su se hisser un instant à la hauteur de la situation. Elle seule, aux Antilles ou dans les récentes occupations d’entreprises ou de facs, a su faire entendre une autre paroleâ€, écrit Coupat.
Ainsi, pour Coupat, l’ennemi c’est Sarkozy et non l’Etat bourgeois, le capitalisme. Pour Coupat, ce n’est pas le prolétariat qui exprime le besoin de communisme,
mais “la rue†qui a des “penchants révolutionnairesâ€. Coupat méprise le rôle de direction de la classe ouvrière dans la révolution
car elle est consciente de sa responsabilité historique, et remplace cela par une attirance “naturelle†(c’est bien l’idée du mot “penchantâ€) pour la révolution.
Or, la classe ouvrière ne fait pas la révolution par inclinaison naturelle mais parce qu’elle n’a pas le choix!
“La rueâ€, lieu de prédilection de la “plèbe†est le concept central de Coupat car il permet d’effacer la lutte de classes, de remplacer la lutte du prolétariat pour renverser la bourgeoisie par un regroupement indistinct, dépourvu d’identité de classe en lutte contre… Sarkozy et sa “cliqueâ€! Il s’agit là d’une référence claire à la collaboration de classe (contre des usurpateurs au pouvoir) qui forme une des bases du fascisme.
Et d’une référence culturelle très claire: celle du Paris de Baudelaire, grande référence du comité invisible (voir “Explication de la doctrine secrète du Comité invisible“).
D’ailleurs, Coupat ne s’arrête pas là . Plus loin, il écrit : “Car ce qui s’avère, sous les dehors d’une “crise économiqueâ€, d’un “effondrement de la confianceâ€, d’un “rejet massif des classes dirigeantesâ€, c’est bien la fin d’une civilisation, l’implosion d’un paradigme : celui du gouvernement, qui réglait tout en Occident – le rapport des êtres à eux-mêmes non moins que l’ordre politique, la religion ou l’organisation des entreprises.â€
La fin de la “civilisation†est un bien un concept fasciste, car le fascisme se propose justement de régénérer une “civilisation†décadente par le retour idéalisé à de “vraies valeursâ€.
De la même manière, la “rue†de Coupat est un concept idéaliste fortement imprégné d’un romantisme de la révolte qui plaît aux bourgeois par son côté littéraire, tragique. C’est précisément cette idée qu’exprime Coupat en parlant de “révolte cruelle mais bouleversanteâ€.
Les masses, elles, ne font pas la révolution pour la beauté du geste et la pose romantique, les masses font la révolution pour briser leurs chaînes, écraser l’exploitation capitaliste au service de la bourgeoisie, et prendre le pouvoir!…/…”