Un veritable révolutionnaire est guidé par l'amour… l'amour des Hommes, de la justice et de la vérité… Ernesto Guevara
Pour défendre la Hadopi, le nouveau ministre de la Culture prend des airs doctes et toise les internautes de haut, vomissant ses leçons à la tribune, comme autant d’hommages posthumes. Et si Frédéric Mitterrand tuait la loi Création et Internet par son discours ?
Comment peut-on confier le destin de la création et de la législation du web à un homme qui parle de «radio périphérique» en 2009 ? Droit comme un croque-mort, Frédéric Mitterrand a pourtant tenu tête à l’Assemblée nationale aux députés opposés à la loi Création et Internet, toute une semaine durant. Mais avec quel discours : invoquant Arletty et Edith Piaf, le nouveau ministre a fait vibrer au delà du raisonnable sa voix de Britannicus pour crier la chute des artistes dans «le caniveau des pirates». Une pompe si étouffante qu’elle pourrait convaincre le PDG d’Universal de rallier le camp des anti-Hadopi !
Vanter la création par l’éloge des morts
Même le Journal du dimanche émet des réserves : «En appeler à Arletty, Piaf, Gainsbourg pour s’en prendre au téléchargement illégal, n’est-ce pas un peu trop?», interrogeait l’hebdomadaire du 26 juillet. Réponse intransigeante du ministre : «Mais je ne suis pas là pour être dans le moule, je suis là pour être dans le réel donc je cite Jean Seberg ou La Javanaise.» Malgré notre immense respect pour « le réel » invoqué par le Ministre, on aimerait le voir honorer leurs héritiers.tout autant que Godard et Gainsbourg.
Car, non content d’avoir été ramené à la vie publique pour ressusciter la mémoire politique d’un mort, l’occupant de la rue de Vallois n’a guêre évoqué dans son argumentaire que des artistes ayant reçu les hommages posthumes : Arletty, Jean Seberg, Edith Piaf, Michel Serreault, Serge Gainsbourg… Sans parler de Platon et Balzac qui ont nourri son préambule.
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Quand il se confie sur ses «goà»ts personnels», c’est Jane Birkin, Alain Souchon et Vincent Delerm qu’il invoque. Difficile de trouver pires exemples que les deux premiers pour battre en brêche les «rentiers» du systême des droits d’auteur, réguliêrement épinglés pour leur façon de profiter du systême de l’intemittance. Pour défendre le concept, il ressort du formol «un compositeur français qui a fini sa vie dans une pauvreté pathétique». Mille noms viennent en tête. Mais l’ineffable brandit comme un étendard : «Rouget de Lisle» ! La démonstration culturelle vire à l’éloge patriotique malvenu : n’y avait-il pas assez des misêres romantiques de Rimbaud et Van Gogh ? Non, et pour une raison simple : la création ne semble guêre préoccuper notre ministre.
La Hadopi inapplicable : un détail technique
Se cachant derriêre ses grandes phrases par lesquelles il range les opposants à la Hadopi au rang des assassins de la culture, le ministre évacue autant que faire se peut l’impossibilité matérielle d’appliquer la loi. Par une répartie grotesque, il renvoie ces critiques à ceux qui prétendaient que le permis à point et les radars étaient inapplicable pour améliorer la sécurité routiêre. Quand on se souvient qu’il avait annoncé sa nomination à bord d’une Renault, on viendrait à croire que la bagnole obsêde plus le ministre que la Culture et qu’il vaudrait mieux lui confier le dossier du circuit de F1 d’àŽle-de-France que celle de la loi Création et Internet.
Comme le révélait un rapport du cabinet de Christine Albanel que s’était procuré Marianne2, les freins techniques à l’application de la Hadopi sont bien plus importants que ceux des chauffards auxquelles Frédéric Mitterrand ne cesse de comparer les internautes. «Vous nous répondez toujours, monsieur le ministre, de ne pas nous inquiéter, qu’on répondra aux questions techniques plus tard», s’impatiente le député socialiste Corinne Erhel.
Mais les réponses techniques ne viennent pas et le Ministre se contente d’assurer que les fautifs ne seront pas confondus avec les innocents par une parabole sur la grand-mêre qui arrose les plans de haschisch de son petit-fils en croyant que ce sont des coquelicots. «Nous ne punirons pas la grand-mêre !», promet-il. Les internautes apprécieront le parallêle : le téléchargement, c’est de la drogue !
Et pour cause : aprês la sainte colêre du président de la République suite au rejet en séance de la Hadopi 1, Frédéric Mitterrand ne peut guêre se permettre d’échouer à faire adopter Hadopi 2. Résultat, le discours tout entier du ministre s’appuie sur la «pédagogie» de la sanction et l’interruption de la connexion à Internet comparée (décidément) à la suspension du permis de conduire pour les excês de vitesse.
Les créateurs attendent
Car non content d’invoquer un cimetiêre d’artistes pour ne pas avoir à détailler l’échec annoncé de la mise en place de la Hadopi, Mitterrand esquive le problême qu’il prétend vouloir résoudre : Â «à ne considérer que le volet sanction du téléchargement illégal, vous en oubliez l’objet principal : la rémunération de la création», tance Corinne Erhel. Zéro € pour la création : les seuls chiffres valables aux yeux du ministre sont ceux qui mettent en parallêle l’augmentation du piratage et la baisse des ventes de disques. Si les artistes sont payés, ce sera par leur propre succês dans un marché délicieusement délivré de la «concurrence déloyale du téléchargement». Des artistes libres dans un marché libre : que demandent les poêtes ?
«Chaque nouveau média créé une utopie sociale nouvelle, prophétise l’ancien patron de la villa Médicis. Il s’agit de la réglementer.» Difficile de voir vieillir son monde et d’en voir surgir un nouveau : le ministre avoue lui-même défendre un systême vieux de quatre siêcles, créé par Beaumarchais. Un systême qui a fleuri avec l’industrie du disque au XXê siêcle et dont on fera demain des couronnes quand les nouveaux modêles de partage et de rémunération auront prouvé la vétusté des anciens. A cet égard, le choix de Frédéric Mitterrand s’avêre le bon : l’oraison funêbre au projet de loi aura un croque-mort de haut niveau.
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De l’ancien français travail « tourment, souffrance » (XIIe siècle), du bas latin (VIe siècle) tripálĭus du latin tripálĭum, « instrument de torture à trois poutres ».
Alors que penser de la "valeur travail" si chère à ce grand travailleur (8 semaines de vacances par an) qu'est Nicolas Sarkozy de Nagy-Bosca ? La torture est-elle une valeur respectable ? Apparemment, selon la droite décomplexée (l'extrême droite, en fait, l'UMP ayant depuis longtemps "choisi" son camp), il semblerait que oui.
J'sais pas vous, mais moi, ça me fait peur.
Pensée personnelle
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